À l’occasion du lancement officiel de la 3ᵉ édition du forum d’affaires BIASHARA AFRIKA, le rôle du Togo et l’engagement personnel du Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, ont été mis en avant comme leviers décisifs pour l’intégration économique africaine.
Dans son intervention, le représentant du gouvernement a rappelé que ce forum s’inscrit dans la dynamique continentale de transformation structurelle portée par la Zone de libre-échange continentale africaine, la ZLECAf.
La ZLECAf : une réponse stratégique à la fragmentation des marchés africains
Le commerce intra-africain demeure l’un des plus faibles au monde. En 2023, les exportations entre pays africains ne représentaient que 15 % du total des exportations du continent, contre plus de 60 % dans l’Union européenne et 38 % en Asie, selon le Rapport sur l’intégration africaine 2025.
Cette situation s’explique par des contraintes structurelles persistantes : fragmentation des marchés, barrières tarifaires et non tarifaires, faible intégration des chaînes de valeur régionales. Autant de freins qui limitent la capacité des économies africaines à commercer entre elles, à transformer localement leurs ressources et à créer des emplois durables.
C’est pour lever ces obstacles qu’a été créée la ZLECAf. Signé le 21 mars 2018 à Kigali sous l’égide de l’Union africaine, l’accord est entré en vigueur le 30 mai 2019. Les échanges commerciaux ont démarré le 1ᵉʳ janvier 2021. À ce jour, 49 États ont ratifié l’accord, et un Secrétariat basé à Accra coordonne sa mise en œuvre et veille au respect des règles de libre circulation des marchandises.
Un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs
La ZLECAf représente le plus grand marché intégré au monde : plus de 1,3 milliard de consommateurs et un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars. Pour la Commission économique pour l’Afrique, elle devrait permettre d’accroître le commerce intra-africain de 45 % et d’augmenter le PIB du continent de 1,2 % à l’horizon 2045.
Les secteurs les plus concernés sont l’agroalimentaire, attendu en croissance de 60 %, l’industrie à 48 %, les services à 34 %, ainsi que l’énergie et les mines à 28 %. Au-delà des chiffres, l’enjeu est de stimuler le commerce intra-africain, de développer les chaînes de valeur régionales, d’accélérer l’industrialisation et de renforcer la compétitivité des économies africaines.
BIASHARA AFRIKA : l’outil de mise en œuvre pratique
Malgré ces avancées, la ZLECAf reste en phase de consolidation. Son potentiel ne se réalisera que si les opérateurs économiques s’approprient ses mécanismes. Or, de nombreuses PME africaines méconnaissent encore les règles, les instruments opérationnels et les opportunités qu’offre l’accord.
C’est précisément pour répondre à ce besoin que le forum BIASHARA AFRIKA a été lancé. « Biashara », qui signifie commerce en swahili, incarne l’objectif : connecter les marchés, faciliter les échanges et renforcer les opportunités économiques sur le continent.
Après une première édition en Afrique du Sud en avril 2023 et une deuxième au Rwanda en octobre 2024, c’est au tour de Lomé d’accueillir la 3ᵉ édition. Ce choix s’appuie sur le rayonnement du Togo dans la sous-région et sur la qualité de ses infrastructures logistiques et commerciales.
Le leadership de Faure Gnassingbé au service de l’intégration
L’organisation de BIASHARA AFRIKA à Lomé intervient à la suite d’une requête du Secrétariat exécutif de la ZLECAf, à laquelle le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a donné son accord.
Ce choix illustre une ligne politique constante : faire du Togo un hub logistique et commercial pour l’Afrique de l’Ouest et un point d’ancrage pour la mise en œuvre concrète de la ZLECAf.
En autorisant l’accueil du forum, le Président du Conseil offre aux opérateurs économiques africains, et particulièrement togolais, une plateforme pour s’affirmer sur le continent et renforcer leurs échanges dans un système commercial mondialisé. Son leadership vise à transformer la vision d’intégration en opportunités tangibles pour le secteur privé.
Les PME togolaises au cœur du dispositif
Avec plus de 80 % du tissu économique national, les PME et PMI togolaises sont identifiées comme le levier principal de création d’emplois et de transformation industrielle. BIASHARA AFRIKA leur offre un accès direct à des réseaux d’affaires, à des investisseurs et à des partenaires potentiels à l’échelle continentale.
Le forum permettra d’identifier des opportunités d’investissement, d’encourager la transformation locale des ressources naturelles et de développer des chaînes de valeur régionales. À moyen et long terme, l’objectif est clair : renforcer l’attractivité du Togo, stimuler la création d’emplois, développer l’industrie locale et accroître les exportations vers le marché africain.
Un appel à la mobilisation du secteur privé
Un appel solennel a été lancé aux opérateurs économiques togolais, en particulier aux PME/PMI, pour participer massivement à cette 3ᵉ édition.
« L’objectif du Togo en accueillant BIASHARA AFRIKA s’inscrit dans la vision du Président du Conseil : transformer l’économie togolaise pour la rendre plus compétitive, plus inclusive et mieux armée face aux défis du 21ᵉ siècle », a-t-il été souligné.
Des comptoirs d’information sont déjà ouverts au Ministère délégué chargé du commerce et du contrôle de la qualité, ainsi qu’à la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, pour accompagner les entreprises intéressées.
Des remerciements aux partenaires techniques et financiers
L’intervention s’est conclue par des remerciements adressés aux partenaires qui accompagnent le gouvernement : le Système des Nations Unies et le PNUD, la GIZ, l’Union européenne, l’Agence française de développement et la FAO. Leur appui est jugé déterminant pour faire de BIASHARA AFRIKA un catalyseur d’opportunités pour les entreprises togolaises et pour l’ensemble des PME du continent.
En accueillant BIASHARA AFRIKA, Lomé ne se contente pas d’organiser un forum. La capitale togolaise devient un carrefour opérationnel de la ZLECAf, sous l’impulsion d’un leadership qui cherche à traduire l’intégration africaine en croissance concrète pour les entreprises et les populations.

