En marge du sommet _Africa Forward 2026_, le Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou, a représenté le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé à une table ronde de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique. Devant des chefs d’État, des responsables d’institutions internationales et des partenaires, il a exposé la vision togolaise de la médiation menée par Lomé dans la crise de l’Est de la République démocratique du Congo.
Désigné médiateur par l’Union africaine, le Président du Conseil fonde son engagement sur une approche qui place la résolution politique, ordonnée et équitable du conflit au cœur des priorités. Ce mandat, salué à Nairobi, illustre le rôle que le Togo entend jouer dans la stabilisation de la région des Grands Lacs et, plus largement, du continent.
Changer de paradigme : l’Afrique architecte de sa stabilité
Ouvrant son intervention, le représentant du Président du Conseil a appelé à un changement de perspective face aux crises récurrentes.
« L’Afrique ne peut plus se permettre d’être un simple terrain de gestion des crises. Elle doit devenir l’architecte de sa propre stabilité, condition sine qua non pour exploiter, en toute dignité et souveraineté, ses potentialités au service d’une prospérité partagée », a déclaré le Professeur Klassou.
Cette position s’inscrit dans une vision stratégique où la souveraineté africaine est le levier central des mécanismes de règlement des conflits. Pour Lomé, la maîtrise des processus de paix par les acteurs régionaux est la condition d’une sortie de crise durable.
La médiation, acte de souveraineté et de responsabilité
Évoquant la situation dans l’Est de la RDC, le message porté à Nairobi a insisté sur la portée politique de la médiation.
« La médiation n’est pas qu’une procédure diplomatique. C’est un acte de pleine souveraineté. C’est le refus de laisser des mains lointaines, même animées des meilleures intentions, dessiner à notre place l’avenir de nos enfants », a souligné le représentant togolais.
Le Togo plaide ainsi pour des partenariats internationaux fondés sur l’accompagnement plutôt que la substitution. L’expérience locale, la connaissance des réalités socioculturelles et l’implication directe des acteurs de la région sont présentées comme des conditions essentielles à une paix qui tienne.
Trois piliers pour l’engagement togolais
L’intervention a structuré l’action du Togo autour de trois axes :
1. Le dialogue direct entre toutes les parties prenantes, sans exclusion.
2. La neutralité active, garante de la confiance et de l’équilibre du processus.
3. La solidarité régionale*, car l’insécurité dans une partie du continent affecte l’ensemble de l’espace africain.
Le médiateur de l’Union africaine a conclu en appelant à un engagement commun, patient et résolu : « La paix ne se décrète pas. C’est un comportement et une construction patiente. J’appelle toutes les parties prenantes et les partenaires à apporter leurs pierres pour bâtir des ponts et non des murs, afin que la région des Grands Lacs redevienne un havre de paix et de prospérité ».
Le Togo, acteur de dialogue et de stabilité régionale
Au-delà du message, l’intervention consacre la place du Togo comme acteur engagé dans la promotion du dialogue sur le continent. Elle traduit une ligne politique constante : faire de la paix le socle d’une Afrique souveraine, résiliente et capable de transformer sa stabilité en développement partagé.

