Le Togo affirme plus que jamais son engagement sur l’échiquier diplomatique international. Depuis vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, participe activement au Caire à la réunion ministérielle préparatoire du prochain Sommet Russie-Afrique, prévu en 2026. Cette implication souligne la volonté de Lomé de diversifier ses alliances stratégiques et de peser dans les débats globaux, de la sécurité à la coopération économique.
En marge des discussions, Robert Dussey a renouvelé les liens avec la Russie lors d’un entretien bilatéral avec son homologue Sergueï Lavrov. Cet échange s’inscrit dans la continuité de la visite officielle du président Faure Gnassingbé à Moscou en novembre 2023, où les deux pays avaient réaffirmé leur volonté de dynamiser leurs relations. Les thèmes abordés – commerce, investissements et stabilité régionale – reflètent les priorités togolaises : attirer des capitaux dans des secteurs clés (agriculture, énergies renouvelables) tout en sécurisant des appuis politiques sur des dossiers sensibles.
À l’agenda du Caire, le développement du capital humain a occupé une place centrale. Les deux parties ont exploré des mécanismes concrets pour booster l’éducation technique, la formation professionnelle et l’innovation technologique. Le Togo mise sur ces leviers pour répondre aux défis de l’emploi des jeunes et de la modernisation de son économie. « Investir dans les compétences, c’est préparer l’Afrique de demain », a insisté Robert Dussey, rappelant l’importance des partenariats gagnant-gagnant.
Si Lomé cultive ses relations traditionnelles avec l’Europe et l’Afrique de l’Ouest, son rapprochement avec la Russie illustre une diplomatie pragmatique et multidirectionnelle. Objectif : éviter la dépendance à un seul partenaire tout en capitalisant sur des opportunités émergentes. Le Sommet de 2026 pourrait ainsi servir de tremplin pour acter cette alliance avec la Russie.
Prudence AFANOU
