Le Conseil National du Crédit (CNC) a tenu, lundi, sa première session de l’année sous la présidence du ministre de l’Économie et des Finances, Essowé Georges Barcola. Cette rencontre stratégique a permis d’évaluer l’état du secteur financier togolais, marqué à la fois par des performances encourageantes et des signaux d’alerte à ne pas négliger.
Sur le plan macroéconomique, les perspectives restent globalement positives. La croissance économique est attendue à 6,5 % en 2026, après 6,2 % en 2025, soutenue par le dynamisme du secteur tertiaire, le développement des infrastructures logistiques et les performances des plateformes aéroportuaires. L’inflation, quant à elle, devrait être contenue autour de 1,8 %, en conformité avec les normes communautaires.
Les indicateurs de financement traduisent une progression notable. Les nouveaux crédits bancaires ont augmenté de 15 % en un an, atteignant 1 111 milliards de francs CFA en 2025. Les institutions de microfinance ont également intensifié leurs activités, avec 340 milliards de francs CFA de nouveaux financements accordés, contre 302 milliards l’année précédente. Par ailleurs, le taux d’intérêt débiteur moyen a légèrement reculé, passant de 7,6 % en 2024 à 7,4 % en 2025, traduisant une amélioration de l’accès au crédit pour les entreprises et les ménages.
Malgré ces avancées, un point de vigilance majeur a été soulevé : la forte hausse des créances douteuses dans le secteur bancaire. Leur taux brut est passé de 7 % en 2024 à 13 % en 2025, une évolution jugée préoccupante par les autorités. Essowé Georges Barcola a mis en garde contre le risque que cette tendance devienne structurelle, ce qui pourrait fragiliser la capacité des banques à financer l’économie.
Face aux défis actuels, le CNC encourage les acteurs du secteur financier à innover davantage, notamment en développant des solutions de financement adaptées aux énergies renouvelables, afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de protéger le pouvoir d’achat. Il préconise également un soutien accru aux entreprises agroalimentaires, dans l’objectif de valoriser la production locale et de limiter les importations.
La question de la digitalisation des paiements a également occupé une place importante dans les échanges. Le CNC souligne l’importance de développer des solutions de paiement numérique pour améliorer l’accès aux services financiers et réduire les coûts de transaction.
En conclusion, le CNC appelle les acteurs du secteur financier à poursuivre leurs efforts pour améliorer l’accès au crédit et promouvoir une croissance économique inclusive et durable.

