Trois jours. Une quarantaine de plumes et de micros. Et une ambition : faire des médias le premier bouclier de la société face aux cybermenaces.
À l’initiative de l’Agence Nationale de la Cybersécurité, l’ANCy, des journalistes venus de plusieurs organes de presse ont pris part du 7 au 9 juillet à Kpalimé à une formation inédite sur la cybersécurité et l’hygiène numérique. Loin des dépêches et des directs, ils sont venus apprendre à protéger ce qui fait la valeur de leur métier : l’information, les sources et la confiance du public.
L’ANCy mise sur les médias pour sécuriser l’espace numérique
L’initiative de l’ANCy ne doit rien au hasard. À l’ère où une information se diffuse en une seconde et où une attaque peut paralyser une rédaction entière, les journalistes sont devenus une cible de choix. Piratage de messageries, vol de bases de données, usurpation d’identité, rançongiciels, campagnes de désinformation : les risques se sont multipliés et professionnalisés.
En choisissant de former les hommes et femmes de médias, l’ANCy pose un acte fort. Elle reconnaît que les journalistes ne sont pas seulement des relais d’information, ils sont des veilleurs du bien-être numérique. Des acteurs de première ligne dont la vigilance protège toute la chaîne : la source, le média, le citoyen et l’État.
_« Les journalistes manipulent chaque jour des informations sensibles et des échanges confidentiels. Renforcer leur culture de la cybersécurité, c’est renforcer la confiance dans l’information et la résilience numérique de toute la société »_, a déclaré M. Didemana Nangbam, Directeur de la Réglementation et du Contrôle de Conformité à l’ANCy, représentant le Directeur Général de l’Agence à l’ouverture des travaux.
Des réflexes, pas des experts : l’approche pragmatique de l’ANCy
L’objectif de cette formation n’est pas de faire des journalistes des ingénieurs en sécurité. L’ANCy a voulu transmettre des gestes concrets, applicables dès le retour en rédaction.
Pendant trois jours, alternant théorie, démonstrations et mises en situation, les participants ont appris à déjouer les pièges du phishing, à verrouiller leurs comptes et appareils, à chiffrer leurs échanges avec leurs sources et à adopter des pratiques simples pour naviguer sans exposer leurs données.
L’idée portée par l’ANCy est claire : un journaliste formé, c’est une rédaction protégée. Une rédaction protégée, c’est un espace public mieux informé et moins vulnérable aux manipulations.
Une initiative saluée, un modèle à suivre
En portant ce projet, l’ANCy démontre une vision moderne de la cybersécurité. Au lieu de se limiter à la protection des infrastructures de l’État, l’Agence va au contact des métiers qui façonnent l’opinion et structurent le débat public.
Cette démarche mérite d’être saluée. Elle place le Togo parmi les pays qui comprennent que la cybersécurité n’est pas qu’une affaire de techniciens. C’est une responsabilité collective. Et dans cette chaîne de responsabilité, les médias occupent une place centrale.
En dotant les journalistes de ces nouveaux réflexes, l’ANCy leur donne les moyens d’exercer avec plus de sérénité et de professionnalisme. Elle leur confie aussi une mission : *être les sentinelles du numérique, capables de repérer une menace, de la signaler et d’éduquer le public.
À l’issue de ces trois jours à Kpalimé, une certitude demeure. Grâce à l’ANCy, les salles de rédaction togolaises gagnent en compétences. Et le Togo gagne en résilience.

