Faire de la concertation une méthode de gouvernance. C’est l’esprit qui a prévalu ce undi 6 juillet 2026* lors de la nouvelle session du Comité de Concertation État-Secteur Privé, CCESP, tenue à Lomé.
Réunis sous la coprésidence du Gouvernement et du Conseil National du Patronat du Togo, CNP, les acteurs publics et privés ont passé au crible l’avancement des réformes, les signaux du climat des affaires et les attentes des entreprises pour les mois à venir.
Le CNP salue des avancées, mais exige de la célérité
Prenant la parole au nom du secteur privé, Monsieur Laurent Coami TAMEGNON, Président du CNP, a d’abord reconnu les efforts consentis par l’Exécutif.
Il a mis en avant deux dynamiques positives : la *territorialisation du dialogue* grâce aux comités régionaux de concertation, et *l’intégration progressive des recommandations du patronat* dans les décisions publiques.
_« Nous ne sommes plus dans la déclaration d’intention. Nous sommes dans la mise en œuvre. Et cela se voit sur le terrain »_, a-t-il relevé.
Pour autant, le patronat a insisté sur 4 chantiers prioritaires pour lever les freins à l’investissement :
1. Sécurisation juridique et fiscale : installation sans délai des *commissions de recours pour offrir aux entreprises un cadre équitable de règlement des différends
2. Santé financière des entreprises : accélération du processus *d’apurement de la dette intérieure de l’État* vis-à-vis des fournisseurs
3. Compétitivité sectorielle : révision du *régime fiscal appliqué aux entreprises de télécommunications, secteur clé pour la digitalisation
4. Attractivité logistique* : encadrement de *la hausse des loyers dans la zone portuaire* du Port Autonome de Lomé, qui impacte directement les coûts des opérateurs
Le Gouvernement : des réponses, des délais, des actes
Face à ces préoccupations, Monsieur Essowè Georges BARCOLA, Ministre de l’Économie et des Finances, a porté la voix de l’Exécutif. Message central : le secteur privé est considéré comme _« le principal vecteur de création de richesse et d’emplois durables »_.
Il a donc apporté des précisions concrètes :
– Sur les commissions de recours : _« Leurs membres sont en cours de nomination. L’installation interviendra dans les prochaines semaines. Nous voulons un mécanisme crédible et opérationnel »_.
– Sur la dette intérieure : _« L’apurement continue. L’objectif est de boucler un cycle significatif d’ici fin 2026, avec une priorisation des PME locales »_.
– Sur la fiscalité des télécoms : _« Des discussions techniques ont abouti. Un consensus a été trouvé avec les opérateurs. Nous allons maintenant passer à la phase de formalisation »_.
– Sur les loyers portuaires : _« J’ai instruit le Port Autonome de Lomé pour qu’une étude d’impact soit menée. Nous reviendrons vers vous avec des propositions équilibrées »_.
Le Ministre a également profité de l’occasion pour saluer la discipline budgétaire et les résultats du programme soutenu par le FMI, qui, selon lui, renforcent la stabilité macroéconomique et la confiance des partenaires.
Du dialogue à l’action : l’enjeu de la compétitivité
Au-delà de la liste des dossiers, cette session du CCESP a rappelé une évidence : la compétitivité du Togo se joue dans la capacité de l’État et du privé à parler le même langage et à agir ensemble.
Le Gouvernement a réaffirmé sa détermination à alléger les contraintes administratives, à améliorer l’accès au financement et à sécuriser l’environnement juridique.
Le Patronat, de son côté, s’est engagé à investir davantage, à formaliser l’économie et à accompagner les politiques publiques de transformation.
Une exigence commune : transformer la concertation en résultats
En conclusion, les deux parties ont convenu de donner une impulsion nouvelle au CCESP. Moins de réunions de routine, plus de suivi, plus de redevabilité.
L’ambition est claire : faire du Togo une destination où entreprendre est plus simple, plus rentable et plus sécurisé.
« L’État propose le cadre. Le secteur privé investit et crée. C’est cette complémentarité qui fera la différence »_, a conclu le *Ministre BARCOLA.
Prochain rendez-vous : dans trois mois. Avec, sur la table, l’état d’exécution des engagements pris ce jour.

