Le Togo franchit une étape décisive dans la montée en qualité de sa filière cacao. Le Centre de traitement post-récolte de cacao d’excellence à Kessibo-Abréwankor, dans la préfecture de Wawa, a été inauguré samedi 23 mai en présence des autorités nationales et de partenaires internationaux.
Construit et entièrement financé par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao, CCFCC, sur fonds propres à hauteur de 160 millions F CFA, le centre s’inscrit dans l’axe 1 des Plans de développement des filières café et cacao. Cet axe vise l’amélioration durable de la production, de la productivité et de la qualité.
Une infrastructure inspirée du modèle camerounais
Installé sur une parcelle de 1,37 ha, le site regroupe un magasin de stockage de 25 tonnes, un hall de fermentation de 78 m², cinq tunnels de séchage de 10 m chacun, un bloc sanitaire de 4 WC et 2 douches, deux dortoirs avec vestiaire, un système d’adduction d’eau potable et une installation d’électrification solaire.
Il est équipé de deux motos et deux tricycles pour assurer la collecte du cacao auprès des producteurs des 13 villages de la préfecture impliqués dans le projet. Les travaux, démarrés en octobre 2025, sont désormais achevés.
« Ce centre s’inspire des modèles de centres d’excellence du Cameroun. Il s’agit de transposer une expertise éprouvée pour répondre aux exigences du marché international », a indiqué Enselme GOUTHON, Secrétaire Général du CCFCC, lors de la cérémonie. Il a précisé que l’objectif est de mettre sur des marchés de niche 100 tonnes de cacao d’excellence dès la première année, avec une montée en charge progressive les campagnes suivantes.
Pour lui, » Le Centre de traitement post-récolte du cacao d’excellence que à Kessibo-Abrewankor, constitue pour nous une nouvelle opportunité qui contribuera à la relance de l’essor économique dans notre région, impulsée par le gouvernement.Je saisis cette occasion solennelle pour encore une fois rendre un hommage mérité au Président du Conseil son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE pour sa politique de paix et pour l’importance qu’il accorde aux filières café et cacao »
Un levier pour le cacao fin et aromatisé togolais
La cérémonie d’inauguration a été présidée par Badanam Patoki, Ministre de l’Économie et de la Veille Stratégique, assisté par Eklo, Ministre de l’Énergie. Pour le ministre Patoki, l’infrastructure répond à une ambition claire : faire reconnaître la qualité du cacao togolais sur la scène internationale.
« L’objectif est que le Togo s’inscrive bientôt sur la liste restreinte des pays producteurs de cacao fin et aromatisé dans le monde. Cela passe par la maîtrise du traitement post-récolte et par l’accompagnement des producteurs. Les objectifs visés par le présent évènement s’inscrivent bien dans la politique prônée par le gouvernement du Togo, sous la houlette du Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE.En effet, le Togo est un petit pays producteur de cacao dans le monde. Nous ne pouvons que nous appuyer sur la qualité du produit pour nous affirmer à l’international.», a-t-il déclaré.
Plusieurs invités de marque ont pris part à l’événement, notamment le Directeur Exécutif de l’Organisation Internationale du Cacao, ICCO, basé à Abidjan, le Directeur Exécutif du Conseil Interprofessionnel des filières Cacao et Café du Cameroun, CICC, ainsi que des représentants du Club des Chocolatiers Engagés de France et de la Maison des Evelynes.
Remise des prix Cocoa of Excellence 2025
L’inauguration a aussi été l’occasion de récompenser l’excellence. Les lauréats togolais du Concours Cocoa of Excellence 2025, Aboudou-Moumouni MAMAN et Koffi EKOUADJI, ont reçu officiellement leurs attestations. Ils ont décroché deux médailles d’or dans la catégorie Afrique et Océan Indien et chacun une enveloppe d’un million de francs CFA offerte par le Président du Conseil Faure GNASSINGBÉ. Les deux producteurs relèvent de l’Union des Sociétés Coopératives des Producteurs de Café et de Cacao, USCPCC IBA « COOP-CA », basée à Badou.
C’est à cette même union que la gestion du centre d’Abréwankor sera confiée, afin d’assurer une appropriation directe par les producteurs et de garantir la pérennité de l’outil.
Avec cette infrastructure, le Togo entend renforcer la valorisation de son cacao à l’export et consolider les revenus des producteurs de la préfecture de Wawa.
Prudence AFANOU

