L’échec de 2023 est dans toutes les têtes. Cette fois, le District autonome du Grand Lomé dit avoir tiré les leçons : après le déguerpissement, place à la surveillance.
Le 20 novembre, c’est la date limite. Passé ce délai, les occupants des trottoirs et des abords des routes du Grand Lomé devront partir. Le comité ad hoc l’a répété : c’est le dernier avertissement avant expulsion.
Mais la vraie question n’est pas là. Elle est ailleurs : et après ?
C’est précisément à cette question que la gouverneure du District autonome du Grand Lomé (DAGL), Zouréhatou Kassah-Traoré, a voulu répondre face à la presse, ce mercredi.
Car Lomé a déjà connu ça. En 2023, une opération similaire avait été lancée. Les voies avaient été dégagées. Puis, faute de suivi, les occupants étaient revenus, les étals avaient repoussé, les trottoirs avaient de nouveau disparu. L’échec était resté comme une leçon amère.
La leçon de 2023 : libérer ne suffit pas, il faut tenir
Cette fois, assure la gouverneure, le dispositif est différent.
Dès la fin de l’opération, ce sont les commissariats de police des 13 communes du Grand Lomé qui prendront le relais. À eux de veiller, au quotidien, à ce que les voies publiques restent dégagées.
Plus question de libérer un jour et de laisser faire le lendemain. La surveillance devient partie intégrante de l’opération.
Une opération pour Lomé, pas pour plaire
Devant les journalistes, Zouréhatou Kassah-Traoré a aussi voulu couper court à toute polémique sur les intentions du District.
> « Nous ne faisons pas cela pour faire plaisir à une quelconque autorité, mais pour notre propre capitale, pour qu’elle redevienne une ville accueillante, propre et sûre. »
Le mot est lâché : accueillante, propre, sûre. Trois mots qui résument l’objectif. Rendre aux piétons la place qui leur revient. Rendre à la circulation sa fluidité. Rendre à Lomé sa dignité de capitale.
« Le District ne fait que coordonner »
Autre polémique, autre réponse. Certains contestent la légitimité du District à intervenir à la place des communes. Pour la gouverneure, c’est une méconnaissance de la loi.
> « Conformément à la loi sur la décentralisation, le District autonome du Grand Lomé, comme les gouverneurs des autres régions, coordonne toutes les activités de son ressort territorial. »
Autrement dit : le DAGL ne remplace pas les communes. Il coordonne, pour éviter que chaque commune agisse seule, dans son coin, pendant que les trottoirs se remplissent à nouveau à la commune voisine.
Le vrai test commence après le 20 novembre
Après plusieurs semaines de sensibilisation, les opérations de libération ont démarré lundi. Le compte à rebours est lancé.
Mais le véritable test ne se jouera pas le 20 novembre. Il se jouera le 21, le 30, le mois d’après. Quand il faudra que les trottoirs restent vides. Quand il faudra que les 13 commissariats tiennent.
Si ce pari est tenu, Lomé pourra enfin dire qu’elle a tourné la page de 2023.
La rédaction

