La Commune de Golfe 5 a ouvert, ce lundi, les travaux de la 2e session ordinaire de son Conseil municipal au titre de l’année 2026. C’était en présence du représentant du Préfet du Golfe, les chefs traditionnels et autres personnalités. Dix jours de plénière consacrés aux dossiers structurants de la collectivité. Hygiène et assainissement, fiscalité locale, reddition des comptes et mobilisation citoyenne. Dans son discours d’ouverture, le Maire Kossi Aboka a donné le ton. Responsabilité, fermeté et inclusion, pour « un développement qui ne laisse personne sur le bord de la route ».
« C’est un réel plaisir pour moi de prendre la parole ce matin, pour souhaiter la très chaleureuse et cordiale bienvenue à chacune et à chacun, à l’ouverture de la 2ª session ordinaire de l’année 2026 de notre Conseil municipal », a déclaré d’entrée le Maire Aboka Kossi. Un propos qui a planté le décor d’une session dense, à la fois bilan et projection.
Un ordre du jour à la mesure des enjeux communaux
Cette deuxième session s’articule autour de quatre axes majeurs.
Le contrôle de l’action exécutive : Les conseillers examineront le rapport d’activités du Bureau exécutif et des commissions permanentes pour le 1er trimestre 2026. Un exercice de transparence qui permet de mesurer l’exécution des délibérations, le taux de consommation des crédits et l’impact des premières actions de l’année.
L’hygiène et l’assainissement en priorité absolue : En pleine saison des grandes pluies, la Commune place la prévention des inondations au cœur des débats. Les réflexions en plénière devront déboucher sur une visite de terrain « pour toucher davantage la réalité », a précisé le Maire. Curage des caniveaux, gestion des déchets, lutte contre les raccordements anarchiques des eaux usées. L’objectif est d’aboutir à des mesures opérationnelles immédiates.
La fiscalité locale : Le Conseil se penchera sur l’étude et l’adoption du projet de délibération portant taxation dans la Commune de Golfe 5. Il s’agit de sécuriser les recettes propres, d’élargir l’assiette et de garantir l’équité devant l’impôt, condition de l’autonomie financière prônée par la décentralisation.
La reddition des comptes, marqueur de la décentralisation : Les élus adopteront le compte administratif 2025 et prendront connaissance du compte de gestion du même exercice. « La reddition des comptes est l’une des innovations majeures du noble processus de décentralisation voulue et traduite par le Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna GNASSINGBE », a rappelé Kossi Aboka. Un signal clair. La bonne gouvernance passe par des comptes lisibles, votés et publiés.
« Le développement, nous le voulons inclusif et participatif »
Au-delà de l’agenda technique, le Maire a insisté sur la méthode. Celle de la gouvernance partagée. Il a salué « la constante présence » des garants des us et coutumes, des Comités de développement à la base (CDB), des hommes de Dieu, des Forces de défense et de sécurité et des personnes ressources. Autant d’acteurs qu’il exhorte à « appuyer quotidiennement et inlassablement sur le terrain la sensibilisation de tous les contribuables, afin que la culture du civisme fiscal soit une réalité ».
Car le diagnostic est sans concession. « Sans langue de bois, nous ne devons pas nous leurrer face à un constat partagé de nos jours, l’incivisme a pris le galon de général cinq étoiles et les conséquences sont multiples et regrettables », a martelé l’édile. Dépotoirs sauvages, caniveaux transformés en poubelles, devantures non entretenues, raccordements illicites des douches et WC aux ouvrages de drainage, nuisances sonores. La liste des incivilités est longue et coûte cher à la collectivité, en argent public et en santé publique.
La carotte et le bâton : Fin de l’impunité pour les récidivistes
Face à ces dérives, le Maire annonce un changement de braquet. « Nous devons poursuivre la sensibilisation, et ce, quotidiennement. La carotte, oui, mais nous n’allons pas non plus oublier le bâton. Ah oui, nous sommes dans une cité régie par les lois, nous n’allons pas toujours caresser les indélicats et récidivistes ». Le message est clair. La pédagogie se poursuivra, mais elle s’accompagnera de sanctions « avec une grande exemplarité, conformément aux dispositions légales ».
Cette fermeté s’inscrit dans un contexte symbolique. À l’approche du 66e anniversaire de l’indépendance du Togo, Golfe 5 veut montrer l’exemple. « Nous avons l’impérieux devoir de veiller à la salubrité de chaque périmètre de notre territoire communal », a insisté le Maire, annonçant la mobilisation totale des services techniques de la Mairie.
Un nouveau Secrétaire Général pour porter les réformes
La session a aussi été l’occasion d’accueillir officiellement le nouveau Secrétaire général de la Commune, M. Joël Koffivi Sotohou. « C’est avec grand plaisir que je voudrais, en votre nom, souhaiter solennellement la bienvenue à notre nouveau Secrétaire général […] et lui souhaiter plein succès dans la mission à lui confiée par le Ministère de tutelle », a déclaré Kossi Aboka. Une arrivée qui intervient alors que l’administration communale doit monter en compétence pour absorber les nouvelles responsabilités transférées par l’État.
La décentralisation à l’épreuve du terrain
En dix jours, le Conseil municipal de Golfe 5 va donc traiter le cœur du réacteur de la décentralisation. Lever l’impôt local pour financer les services de proximité. Assurer la salubrité et prévenir les catastrophes. Rendre compte de chaque franc dépensé. Et surtout, embarquer les citoyens dans l’effort collectif.
Le discours du Maire Aboka Kossi fixe une doctrine. L’inclusion comme méthode, la redevabilité comme principe, et l’autorité de la loi comme garantie. « Confiant que de nos échanges empreints de responsabilité et de courtoisie sortiront de pertinentes et fécondes propositions », a-t-il conclu avant de déclarer les travaux ouverts.
Pour Golfe 5, l’équation est posée. Transformer le civisme fiscal et environnemental en réflexe partagé. Si la Commune réussit ce pari, elle apportera la preuve que la décentralisation, au-delà des textes, peut changer concrètement le quotidien.

