Pya-Peulh, Kozah – 30 juin 2026 – Elle s’appelle Salima, elle a 35 ans. Elle est venue sous la tente médicale « juste pour ses maux de tête ». Elle repart avec un diagnostic qui peut lui sauver la vie : hypertension artérielle sévère.
« _Je ne savais pas que la tête pouvait faire mal à cause de la tension. J’ai eu peur_ », raconte la jeune femme. Sans cette caravane médicale passée par son village, son mal serait resté invisible, jusqu’à une complication grave : AVC, insuffisance rénale, hospitalisation d’urgence.
L’histoire de Salima illustre l’impact des consultations foraines gratuites menées les 23 et 24 mars 2026 dans toute la région de la Kara. Portée par la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Kara, FSS-UK, pour ses 10 ans, et soutenue par l’OMS, l’opération a mobilisé médecins, étudiants et agents de santé communautaire.
Constat de départ : dans le nord du Togo, se soigner rime encore avec distance, frais de transport et diagnostic trop tardif. La réponse : 10 sites mobiles déployés dans les 7 districts sanitaires. L’OMS a débloqué plus de 4,3 millions FCFA* en médicaments, équipements et appui technique pour lever ces barrières d’un coup.
3 973 personnes consultées, des urgences révélées
Le résultat dépasse l’attendu. 3 973 patients reçus, dont *2 355 pris en charge gratuitement*. Hypertension, diabète, VIH, hépatite B : beaucoup de cas découverts tôt, quand un traitement change tout. D’autres, malheureusement, à un stade avancé : hernies volumineuses, infections cutanées étendues, pathologies chroniques jamais suivies.
« _Moins de 250 patients étaient prévus chez nous, nous en avons reçu plus de 300_ », témoigne le *Dr Damessi Yovonou, du centre médico-social de Pya. Pour *Afo-Dogo B. Afotan, DPS par intérim de Dankpen : « _Le dépistage précoce a changé la donne pour toute une population souffrante_ ».
L’université sur le terrain : soigner et se former
La force de l’initiative tient aussi à ses acteurs. Des étudiants en 6ᵉ année comme *José Adom* y ont vu une école de santé publique : « _On a appris à parler aux communautés, à les amener à adopter des comportements favorables à la santé_ ».
Malgré l’absence d’eau ou d’électricité sur certains sites, les ruptures ponctuelles de médicaments et l’affluence, l’engagement des mairies, des relais et des volontaires a tenu la campagne.
La campagne ne s’est pas arrêtée au diagnostic. *Plus de 500 patients* ont été référés vers les centres médico-sociaux et hôpitaux. Salima est de ceux-là. Suivie désormais au centre de Pya, elle prend son traitement chaque jour.
« _Je ne pense pas que j’aurais été dépistée sans cette consultation_ », dit-elle.
Pour le *Dr Nouhou Hamadou*, Représentant de l’OMS au Togo, cette approche est le sens même de la *Couverture Sanitaire Universelle* : « _Chaque personne dépistée à temps, c’est une hospitalisation évitée, une complication prévenue, une vie protégée. L’objectif est que chacun, où qu’il vive, accède à des soins essentiels de qualité_ ».
En rapprochant les soins, l’opération a aussi renforcé la confiance des populations, désengorgé les structures et tissé un lien durable entre l’hôpital universitaire et le système de santé périphérique.
Dans la Kara, le message est clair : quand la santé se déplace vers les communautés, on détecte plus tôt, on soigne mieux, et on transforme des parcours de vie.

