30 octobre 2026. Dans la Kéran, au nord du Togo, la ministre Martine Moni Sankaredja-Sinandja remet du matériel à des coopératives féminines. Un geste fort, mais qui rappelle une réalité tenace : les femmes font l’agriculture, les hommes possèdent la terre.
Le chiffre est officiel : dans la région de la Kara, les femmes sont plus de la moitié de la population et constituent 51% de la main-d’œuvre agricole. Pourtant, elles restent confrontées à un mur : pas de terre, pas de crédit, pas de formation.
Revenus dérisoires, équipements rudimentaires, analphabétisme. Les autorités listent les freins, les femmes les vivent au quotidien.
Pour la ministre en charge du Genre, il est temps de passer des discours aux actes. « Les engagements doivent désormais se traduire par des résultats concrets », a-t-elle insisté. Elle plaide pour trois droits fondamentaux : l’accès à la propriété foncière, à l’héritage et aux marchés.
Sur le papier, le Togo a avancé. Le Code foncier et domanial a été révisé. Des programmes comme le ProMIFA et le PAFeRT sont censés ouvrir les vannes du financement et de l’autonomisation. L’État promet aussi plus d’alphabétisation et des techniques agricoles adaptées au climat.
Mais sur le terrain, la coutume résiste à la loi. Et sans titre foncier, aucune agricultrice ne peut emprunter pour s’équiper ou agrandir son exploitation.
À Kéran, les charrettes et le matériel offerts vont soulager. Reste à offrir l’essentiel : la reconnaissance que la terre qu’elles cultivent peut aussi leur appartenir.

