Lomé est depuis lundi le centre névralgique de la réforme des finances publiques en Afrique de l’Ouest. La capitale togolaise accueille une réunion stratégique de l’Observatoire des finances publiques de l’UEMOA, consacrée à la refonte complète des directives communautaires qui régissent le cadre budgétaire harmonisé depuis 2009.
Autour de la table : experts des huit États membres, Commission de l’UEMOA, Cour des comptes de l’Union, BCEAO, BOAD et partenaires techniques. Un aréopage mobilisé pour moderniser un cadre devenu obsolète face aux standards internationaux.
Le Togo affiche 87,12% de mise en œuvre
Dans cet exercice d’évaluation, le Togo fait figure de modèle. Avec un taux de transposition et de mise en œuvre de 87,12%, le pays dépasse largement la moyenne communautaire qui s’établit à 77,98%.
Une performance qui n’est pas un hasard. Passé au budget-programme dès 2021, le Togo a été parmi les pionniers de l’Union à abandonner la logique de moyens pour une logique de résultats.
« Ce résultat encourageant ne nous fait pas perdre de vue le chemin qui reste à parcourir », a tempéré Essokiza Anakpa, Directeur Général du Budget et des Finances, Secrétaire permanent p.i. de la Cellule CEDEAO-UEMOA, représentant le ministre Essowè Georges Barcola.
Un cadre de 2009 à bout de souffle
Pourquoi refondre des directives qui ont fait leurs preuves ? Représentant le président de la Commission de l’UEMOA, Alioune Sène a pointé les failles relevées lors de la revue annuelle 2026.
Les textes actuels présentent des incohérences majeures : décalage entre comptabilité publique et comptabilité des biens de l’État, absence de règles claires sur l’amortissement, et utilisation parfois non conforme du principe d’unité budgétaire. Surtout, ils n’ont pas intégré les évolutions majeures des normes internationales en matière de statistiques des finances publiques et de comptabilité.
Pour Alioune Sène, il est temps de passer à une nouvelle génération de directives.
Pour Essokiza Anakpa, l’enjeu dépasse la simple mise à jour technique : « La révision ne doit pas se limiter à une mise à jour formelle, mais doit doter l’Union d’un cadre moderne, cohérent et résilient. »
À Lomé, c’est donc l’architecture financière de toute l’UEMOA pour les dix prochaines années qui se joue.

