Le Président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, entame ce mardi 12 mai 2026 une visite officielle en Ouganda, à l’invitation de son homologue Yoweri Kaguta Museveni. Le déplacement revêt une double portée : participer à la cérémonie solennelle d’investiture du dirigeant ougandais, reconduit à l’issue du scrutin général du 15 janvier, et approfondir le dialogue bilatéral sur les enjeux de paix et de sécurité en Afrique de l’Est et dans la région des Grands Lacs.
Au programme du séjour, un entretien en tête-à-tête entre les deux chefs d’État. Yoweri Museveni, doyen des dirigeants est-africains, demeure un acteur central des mécanismes de stabilisation régionale, notamment dans le dossier complexe de l’Est de la République démocratique du Congo. Le Togo et l’Ouganda maintiennent des concertations régulières sur cette crise où se conjuguent tensions armées, déplacements massifs de populations et urgences humanitaires. Lomé et Kampala partagent la conviction que seule une approche combinant pression diplomatique, cessez-le-feu effectif et dialogue politique inclusif peut ouvrir la voie à une désescalade durable.
La cérémonie de prestation de serment, organisée dans la capitale ougandaise, réunira plusieurs chefs d’État, ministres et hauts représentants d’organisations internationales. Au-delà du protocole, l’événement consacre la continuité institutionnelle et offre une plateforme de contacts bilatéraux et multilatéraux. Pour Faure Gnassingbé, dont le pays assure une diplomatie active de médiation sur le continent, la présence à Kampala illustre l’attachement du Togo au principe de solidarité entre États africains et au règlement pacifique des différends.
Selon la présidence togolaise, cette visite s’inscrit dans la volonté de densifier les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays. Les axes identifiés touchent à la sécurité collective, à la prévention des conflits, à la diplomatie préventive et à l’intégration africaine. Les échanges porteront également sur le renforcement des canaux de concertation entre la Communauté d’Afrique de l’Est, dont l’Ouganda est un pilier, et les organisations ouest-africaines, dans une logique de ponts inter-régionaux.
Depuis plusieurs années, le Togo s’investit dans la facilitation et la médiation sur différents théâtres de crise du continent. L’Ouganda, pour sa part, joue un rôle de premier plan dans les processus de Nairobi et de Luanda consacrés à l’Est de la RDC. Le rapprochement entre Lomé et Kampala traduit une convergence de méthodes : privilégier le dialogue, soutenir les architectures africaines de paix et de sécurité, et coordonner les efforts pour éviter l’enkystement des conflits.
En foulant le sol ougandais ce 12 mai, Faure Gnassingbé confirme une ligne constante : ancrer le Togo dans les dynamiques de résolution des crises au-delà de son espace immédiat, et faire de la diplomatie togolaise un vecteur de stabilité pour l’ensemble du continent.

