En marge de sa mission officielle en Corée du Sud, le Professeur Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, a fait escale au cœur du taekwondo mondial. Reçu au siège du Kukkiwon à Séoul par le Grand Maître Yun Ung-suk, président de l’institution, le chef de la diplomatie togolaise a transformé une visite de courtoisie en plaidoyer pour les vertus éducatives de l’art martial.
Car au-delà du protocole, cette rencontre met en lumière une convergence : celle entre la politique d’amitié Togo-Corée du Sud et la philosophie du taekwondo, discipline dont Robert Dussey est lui-même pratiquant.
*Du dojang au Quai d’Orsay : une même exigence de discipline*
Pour le ministre, le taekwondo ne se résume pas à des coups de pied et des combats. C’est une école de vie.
« Le taekwondo dépasse largement le cadre du sport de combat. Il constitue une véritable école de formation qui contribue au développement physique, mental et moral de ses adeptes », a-t-il souligné devant le Grand Maître Yun Ung-suk.
Une lecture qui fait écho aux missions de la diplomatie : bâtir des relations durables exige autant de rigueur, de patience et de respect que la maîtrise d’un poomsé. En venant au Kukkiwon, Robert Dussey rappelle que les échanges entre nations passent aussi par la culture et le sport.
*Les cinq piliers, boussole pour la jeunesse*
Au Kukkiwon, berceau de la codification du taekwondo, le ministre a rappelé les cinq principes fondateurs qui structurent chaque ceinture, chaque élève :
1. *Ye Ui – La courtoisie* : Le respect de l’autre avant même le premier salut.
2. *Yom Chi – L’intégrité* : Être droit dans ses actes comme dans sa parole.
3. *In Nae – La persévérance* : Accepter la chute pour mieux se relever.
4. *Guk Gi – Le contrôle de soi* : La vraie force est celle qu’on ne déploie pas.
5. *Baekjul Boolgool – L’esprit indomptable* : Ne jamais renoncer, même face à l’adversité.
« Ce sont des valeurs essentielles pour former des citoyens responsables, disciplinés et engagés au service de leur communauté », a insisté Robert Dussey. Une référence directe à l’enjeu togolais : faire de la jeunesse non seulement des champions, mais des acteurs de paix et de cohésion sociale.
En franchissant les portes du Kukkiwon, le ministre togolais s’est incliné devant une institution qui forme des millions de pratiquants dans le monde. Cette visite réaffirme l’attachement du Togo à la promotion des échanges culturels et sportifs comme vecteurs de soft power.
Elle envoie aussi un message aux jeunes Togolais : la discipline apprise sur un tatami à Lomé, à Kara ou à Dapaong a la même valeur que celle enseignée à Séoul. Le respect, la discipline, la paix ne connaissent pas de frontières.
En quittant le siège mondial du taekwondo, Robert Dussey laisse derrière lui plus qu’une poignée de main protocolaire : l’idée qu’un art martial coréen peut nourrir l’éducation citoyenne au Togo. Et que la diplomatie, quand elle s’appuie sur les valeurs, frappe juste.

