La diplomatie ouest-africaine a fait étape au palais. Lundi, Cheikh Niang, ministre sénégalais des Affaires étrangères, a été reçu par Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil. Une audience à double détente : porter la voix de Dakar et consulter Lomé, poids lourd de la sous-région.
Mandat clair pour l’émissaire : remettre un message personnel du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye à son « frère et ami ». Au-delà des civilités, l’enjeu diplomatique est de taille. Cheikh Niang a présenté au Président du Conseil le candidat désigné par le Sénégal pour briguer la présidence de la Commission de la CEDEAO. Un poste stratégique, alors que l’organisation traverse une période d’ajustement et doit réaffirmer sa pertinence auprès des populations.
« Je suis venu en qualité d’émissaire du Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, porteur d’un message personnel à son frère et ami, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. J’ai également eu l’honneur de présenter au Président du Conseil le candidat retenu par le Président sénégalais pour l’élection du prochain président de la Commission de la CEDEAO », a confié le ministre à sa sortie d’audience.
Si la CEDEAO était au cœur des échanges, la visite a surtout réactivé la mémoire commune entre les deux pays. Cheikh Niang n’a pas caché sa gratitude pour l’écoute et la vision de Faure Gnassingbé, lui-même acteur central des équilibres ouest-africains.
« Les entretiens reflètent l’excellence des relations entre le Togo et le Sénégal. Les deux pays ont toujours été proches depuis les indépendances. Nous voudrions remercier le Président du Conseil pour ses orientations lumineuses, la clarté de ses conseils et son engagement à nous accompagner dans la poursuite des objectifs de la CEDEAO », a-t-il souligné.
Un hommage qui rappelle que Lomé n’est pas un simple État membre. Le Togo s’est imposé comme un médiateur constant, un pays d’ancrage institutionnel et de dialogue discret quand les crises secouent la région. De la paix à l’intégration, la ligne togolaise est restée cohérente : défendre une CEDEAO des peuples, pas seulement des États.
Cette démarche sénégalaise n’a rien d’anodin. Solliciter l’oreille du Président du Conseil avant une élection majeure à la Commission de la CEDEAO, c’est reconnaître le poids de Lomé dans les arbitrages. Le Togo, sans tambour ni trompette, continue de travailler à la mise en œuvre des valeurs fondatrices de l’organisation : solidarité, démocratie, développement partagé.
À l’heure où la sous-région cherche son cap entre défis sécuritaires et aspirations citoyennes, l’axe Lomé-Dakar réaffirme sa solidité. Entre deux capitales historiques, la conversation reste franche, et les messages personnels passent encore par le canal de la confiance.

