La capitale togolaise a repris son costume de plaque tournante diplomatique. Sur invitation du Médiateur de l’Union Africaine, SEM *Faure Essozimna Gnassingbé*, Lomé a accueilli la session technique de la réunion semestrielle d’évaluation du processus de paix à l’Est de la RDC. Un huis clos de haut niveau qui traduit une volonté : sortir la région des Grands Lacs de l’immobilisme.
Face au Président togolais, deux voix autorisées des Nations Unies ont pris place. *Huang Xia*, Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, et *James Swan*, Chef de la MONUSCO. Leur présence conjointe à Lomé donne toute la mesure de l’enjeu. Il s’agit d’aligner les diagnostics, d’harmoniser les approches et surtout de traduire les engagements en actes concrets sur le terrain.
Depuis sa désignation par l’Union Africaine, Faure Gnassingbé conduit cette médiation avec une constance remarquable. Sa méthode repose sur la discrétion, la patience et le travail technique. Loin des effets d’annonce, il privilégie les réunions de fond qui passent au crible chaque volet du processus. L’idée est simple : identifier les points de blocage, lever les incompréhensions et imposer un cap clair aux différents acteurs.
Cette session technique a donc permis de faire le point sans complaisance. Avec la MONUSCO, la situation sécuritaire a été décortiquée. L’objectif reste la protection des civils, le recul durable des groupes armés et le retour des populations déplacées. Avec le bureau de Huang Xia, l’évaluation a porté sur l’avancement du dialogue politique, tant au niveau national congolais que régional. Le cessez-le-feu, le désarmement, la réintégration des ex-combattants : autant de chantiers qui nécessitent une coordination sans faille.
Faure Gnassingbé joue ici pleinement son rôle de chef d’orchestre. Il veille à la cohérence entre les différents mécanismes en cours : processus de Luanda, processus de Nairobi, feuille de route de l’Union Africaine. Sa ligne est claire. L’Afrique doit parler d’une seule voix et reprendre l’initiative dans la gestion de ses crises. Lomé offre pour cela un cadre neutre, de confiance, où les partenaires onusiens et africains peuvent se parler franchement.
Cette posture confirme le statut du Togo comme laboratoire de la diplomatie préventive. Sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, le pays s’est imposé au fil des années comme un acteur crédible de la médiation. Du Mali à la Guinée-Bissau, du Sahel aux Grands Lacs, la signature togolaise est la même : écoute, consensus, et recherche de solutions africaines aux problèmes africains.
À l’issue de cette réunion, les travaux techniques serviront de base à la prochaine réunion ministérielle. Le cap fixé par le médiateur est exigeant : obtenir des résultats visibles d’ici la fin de l’année. Moins de violences, plus d’accès humanitaire, un dialogue politique relancé.
Dimanche, Faure Gnassingbé a rappelé une conviction. La paix dans les Grands Lacs n’est pas une affaire de puissances extérieures. C’est une responsabilité africaine. Et Lomé, sous son impulsion, entend l’assumer jusqu’au bout, session après session, jusqu’à ce que le silence des armes revienne durablement à l’Est de la RDC.

