Convoqué en application des articles 107 à 110 du Règlement intérieur, le ministre délégué à l’Énergie et aux Ressources minières, Robert Koffi Messan Eklo, a été entendu en séance plénière pour expliquer les causes des délestages et présenter la trajectoire de sortie de crise.
La 5ᵉ séance plénière de la 1ʳᵉ session ordinaire, présidée par le Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale, a ainsi été consacrée à une question orale avec débat.
À l’initiative de l’honorable Hessou Passiwè, Vice-président de la Commission agropastorale, l’interpellation visait à lever l’incertitude. Le député a pointé la recrudescence des délestages et coupures dans plusieurs localités, Lomé incluse, et exigé des réponses sur l’origine des perturbations, l’efficacité des mesures d’urgence et la stratégie de sécurisation de l’approvisionnement.
Un déficit structurel d’importation à l’origine de la crise
Le ministre a posé les chiffres. La pointe de consommation nationale est estimée à 360 MW, pour une production domestique d’environ 180 MW. L’écart était jusqu’ici comblé par les importations : environ 110 MW depuis le Ghana et 115 MW depuis le Nigeria.
Or, ces flux se sont effondrés par intermittence, à 20 MW côté ghanéen et 70 MW côté nigérian. Ce retrait brutal a généré un déficit de puissance, facteur direct des délestages.
Le ministre a distingué deux réalités : les délestages liés à l’insuffisance de puissance disponible, et les coupures techniques imputables aux incidents réseau, à la maintenance programmée ou aux intempéries. Il a aussi noté l’effet des fortes chaleurs, qui accentuent la demande aux heures de pointe.
Pour contenir la pression, l’exécutif a activé des solutions de court terme. Un premier groupe thermique de 20 MW est opérationnel depuis 2025 ; un second, de même capacité, sera mis en service prochainement. Les négociations avec les fournisseurs d’électricité et de gaz se poursuivent pour sécuriser les approvisionnements.
Sur le renouvelable, la centrale solaire de Dapaong, 25 MWc avec 40 MWh de stockage, sera mise en service dans les prochaines semaines. Le ministre a également appelé à la sobriété : ménages, entreprises et industries sont invités à réduire leur consommation en période de pointe.
Au-delà de l’urgence, le gouvernement mise sur le Pacte énergétique Togo Horizon 2030. Le ministre a rappelé le coût de la souveraineté : près d’un million de dollars par MW additionnel, hors renforcement du réseau. Le contexte international pèse : forte demande liée à l’IA et tensions dans le Golfe allongent les délais de livraison des équipements.
Une centrale thermique de 120 MW à Lomé* pour sécuriser la base.
Une montée en puissance du solaire* : Sokodé 60 MWc, Awandjélo 42 MWc, extension de Blitta de 30 MWc avec 10 MWh de stockage. Objectif : près de 400 MWc de capacité solaire nationale à terme.
L’hydro à transfert d’énergie par pompage à Kpimé* : le site passera de 2 MW à 60 MW, adossé à 100 MWc de solaire pour pomper le jour et turbiner en pointe.
Pour la stabilité, des batteries de grande capacité seront déployées sur les nœuds stratégiques du réseau afin d’amortir les microcoupures, en priorité dans les zones industrielles et les centres administratifs. La modernisation du transport et de la distribution complète le dispositif.
Au terme des échanges, les députés ont pris acte des explications. Le Président Klassou a salué la qualité des réponses et les efforts engagés, tout en enjoignant l’exécutif à accélérer pour mettre fin aux délestages.
Il a rappelé l’enjeu : une électricité fiable est un facteur de compétitivité pour les entreprises, d’amélioration du cadre de vie et de croissance économique.

