Au-delà des chiffres du budget, le Conseil des ministres du 22 octobre 2026 a posé les bases de deux réformes qui vont changer le quotidien des investisseurs et des jeunes.
1. La mort de la zone franche, vive les ZES
C’est une petite révolution. Depuis 1989, le Togo vivait sous le régime de la zone franche. Un régime qui a attiré des usines, mais qui a montré ses limites : tout concentré à Lomé, peu de transformation locale, des entreprises étrangères qui importent, assemblent et réexportent sans vraiment irriguer l’économie togolaise.
Le gouvernement l’enterre. Le projet de loi sur les Zones Économiques Spéciales (ZES) adopté jeudi change de philosophie. Fini l’avantage fiscal à vie. Désormais, l’avantage sera limité dans le temps, conditionné et modulé selon où vous vous installez. Vous allez à Datcha, à Mango ou à Bassar ? Vous aurez plus d’avantages qu’à Lomé. Vous formez des Togolais, vous achetez du coton togolais, vous créez des emplois qualifiés ? Vous garderez vos avantages. Vous vous contentez d’importer ? Vous les perdrez.
L’objectif est clair : forcer l’investisseur à créer de la valeur au Togo et à partager le territoire.
2. Le grand ménage dans les diplômes
Second chantier, plus discret mais tout aussi stratégique : le Conseil a examiné en première lecture la création de l’Agence togolaise de certification professionnelle.
Aujourd’hui, au Togo, tout le monde délivre un certificat. Avec quelle valeur ? Quelle reconnaissance ? Cette future Agence aura pour mission de mettre de l’ordre, de garantir la fiabilité et la transparence des certifications. Dans un pays où le chômage des jeunes est lié à l’inadéquation formation-emploi, c’est une arme pour que le diplôme d’un soudeur ou d’un technicien agricole ait enfin une vraie valeur sur le marché.
Ces deux réformes, couplées à l’ouverture de l’Université de Datcha et à la ratification de l’Accord de Samoa qui sécurise le partenariat avec l’Europe pour 20 ans, dessinent la même stratégie : attirer des investissements plus utiles et former des Togolais plus employables.
C’est l’autre visage du Conseil du 22 octobre : moins visible que les nominations de préfets, mais plus durable.
Launetogo

