Du 8 au 18 juin 2026, la préfecture du Bas-Mono se mue en terrain d’expérimentation grandeur nature. Sous le Haut Patronage de Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, le ministère de la Sécurité déploie, à travers l’Agence Nationale de la Protection Civile, la manœuvre nationale « MIA DZRADO 2026 ». Agomé-Glozou, Togbodji et Afomanou deviennent pour dix jours des scènes de crise simulées, conçues pour éprouver sans complaisance la capacité du Togo à répondre à l’urgence.
Loin d’un exercice de routine, « MIA DZRADO » se veut un véritable stress-test des mécanismes de protection civile. L’ambition est claire : mesurer la réactivité des chaînes de secours, éprouver la coordination entre sapeurs-pompiers, santé, forces de sécurité et collectivités, et surtout enraciner dans les communautés la culture de l’anticipation. Les scénarios retenus ne relèvent pas du hasard. Ils plongent les équipes dans la gestion d’inondations majeures, dans la réponse à des épidémies, et dans la maîtrise des risques NRBC-E, ces menaces nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques et explosives qui exigent rigueur, rapidité et sang-froid. Chaque minute est comptée, chaque geste est décortiqué, chaque maillon de la chaîne est observé pour révéler les forces du dispositif et corriger ses fragilités.
Mais « MIA DZRADO 2026 » refuse de se réduire à une simple simulation. L’ANPC a voulu que la manœuvre profite directement aux populations qui l’accueillent. Ainsi, pendant toute la durée de l’exercice, des équipes de santé parcourent Agomé-Glozou, Togbodji et Afomanou pour offrir des consultations médicales foraines entièrement gratuites. L’objectif est double : rapprocher le soin des habitants tout en les sensibilisant aux risques sanitaires qui accompagnent les catastrophes. Dans le même élan, le projet DGDN Mobile s’installe dans la zone pour délivrer les cartes nationales d’identité en quarante-huit heures. Un service rapide et concret qui répond à un enjeu vital, car en situation de crise l’identification est la première clé de l’assistance et de l’évacuation.
Dans un communiqué daté du 7 juin 2026 à Lomé, le Colonel Calixte Batossie MADJOULBA, ministre de la Sécurité, a appelé à une mobilisation collective. Il invite tous les acteurs de la Plateforme nationale de réduction des risques de catastrophes à resserrer leur synergie pour une prévention plus efficace et une gestion des risques parfaitement coordonnée. Aux populations du Bas-Mono, il adresse un message direct : faire preuve de civisme, comprendre les perturbations que vont générer sirènes, barrages et simulations d’évacuation, et collaborer sans réserve avec les équipes déployées. Car le succès de « MIA DZRADO » dépend autant du professionnalisme des secours que de l’adhésion des citoyens.
Pendant dix jours, le Bas-Mono va donc vivre au rythme d’une crise simulée. C’est une gêne assumée, le prix d’une préparation sérieuse. Car avec cet exercice, le Togo choisit de ne plus subir les catastrophes. Il décide de les anticiper, de les rejouer pour mieux les comprendre, et de s’y préparer avec méthode. « Ensemble, protégeons nos populations contre les risques de catastrophes » : derrière cette formule du ministère se dessine une vision où la résilience ne se décrète pas mais se construit, sur le terrain, avec les communautés et pour elles.

