L’hémicycle a repris vie ce mardi 11 août 2026. L’Assemblée nationale a ouvert sa deuxième session extraordinaire de 2026, convoquée par le Président du Conseil Faure Essozimna GNASSINGBÉ sur la base de la demande n°024-2026/PC du 7 août.
D’entrée, le président de l’Assemblée a posé le cadre. Pour lui, cette réunion répond à une double nécessité. _« Il est des rendez-vous que le calendrier fixe. Il en est d’autres que la responsabilité impose »_. Une manière de rappeler que la loi doit suivre le rythme des besoins du pays.
Trois chantiers législatifs au cœur des débats
Les députés auront à se prononcer sur trois projets de loi qui touchent directement la vie des Togolais.
Le premier concerne les aires protégées. L’enjeu dépasse la conservation. Il s’agit de sécuriser l’eau, les sols et la biodiversité, et de préparer le Togo aux effets du changement climatique. Mais la protection ne peut se faire sans les populations. _« L’écologie ne peut être durable sans justice sociale ; la protection ne peut être légitime sans participation »_, a insisté le président de l’Assemblée. Le texte devra donc clarifier les procédures, reconnaître les usages coutumiers et prévoir un partage équitable des bénéfices.
Le second texte réforme la justice commerciale. Dans une économie qui veut attirer et retenir les investisseurs, la rapidité des décisions est devenue un impératif. Reste à garantir l’équité. Le numérique sera mis à contribution pour accélérer les procédures, à condition de ne pas exclure. _« Le numérique ne doit jamais devenir une nouvelle frontière pour les citoyens éloignés, vulnérables ou insuffisamment équipés »_.
Le troisième projet ouvre le Togo à la Convention de La Haye de 1961. En supprimant la légalisation des actes publics étrangers, il vise à désengorger les démarches administratives. Pour un étudiant qui fait valider un diplôme, une famille qui règle une succession ou une entreprise qui signe un contrat à l’étranger, le gain de temps et d’argent sera réel. _« Lorsque la formalité devient trop lente, trop coûteuse ou trop incertaine, elle peut transformer un droit en parcours d’obstacles »_.
Après la première lecture, les textes entameront la navette parlementaire avec le Sénat. Le président de l’Assemblée met en garde contre la précipitation autant que contre la lenteur. _« Le premier est la diligence, parce que le temps public a un coût et que le pays attend. Le second est la qualité, parce qu’une loi imprécise, inapplicable ou déséquilibrée coûte toujours plus cher »_.
Il a aussi dressé le bilan du chemin parcouru depuis le 7 avril. Entre temps, le Parlement a légiféré sur la sécurité maritime, la biodiversité, les droits des consommateurs, et a contrôlé le gouvernement sur des dossiers sensibles comme l’énergie. Durant l’intersession, les élus ont sillonné le territoire. Ils reviennent avec un mandat clair : réduire la lourdeur administrative, sécuriser l’économie et créer des opportunités d’emploi.
Avant de lever la séance d’ouverture, un dernier mot a été adressé aux agents de l’Assemblée. _« La solennité visible de nos séances repose sur leur travail souvent discret »_.
En conclusion, le message est resté simple et direct : _« Notre peuple attend des décisions utiles. Il ne nous demande pas de penser tous de la même manière ; il attend que nous servions tous le même pays »_.
Avec cette session, l’objectif affiché est de faire de chaque loi votée un outil concret pour rapprocher l’État des citoyens et rendre _« l’État plus proche, la démocratie plus crédible et l’avenir plus ouvert »_.

