L’Alliance des États du Sahel et le Togo passent à la vitesse supérieure sur le plan commercial. Depuis ce dimanche 12 octobre et jusqu’au 14 octobre, les experts douaniers des quatre pays sont réunis à Ouagadougou pour poser les bases d’un régime tarifaire préférentiel confédéral.
Une étape décisive avant la 5ème réunion des Directeurs généraux des Douanes de l’AES, prévue les 15 et 16 octobre dans la capitale burkinabè.
Les travaux ont été officiellement ouverts par le Directeur général des Douanes du Burkina Faso, Yves Kafando. L’objectif est clair : harmoniser les pratiques pour mieux commercer entre voisins.
Trois dossiers chauds sur la table
Les experts ont trois chantiers prioritaires à finaliser.
Le premier est le plus stratégique : la finalisation du projet de décision instituant le régime tarifaire préférentiel. Concrètement, il s’agit de définir ce qui est un produit « confédéral ». Quelles sont les règles d’origine des marchandises ? Comment certifier qu’un produit fabriqué au Mali ou au Togo peut bénéficier d’un tarif préférentiel au Burkina ou au Niger ? C’est tout l’enjeu de la certification d’origine confédérale.
Le deuxième chantier est technique mais crucial : l’interconnexion des systèmes informatiques douaniers. Pour fluidifier les échanges et lutter contre la fraude, les douanes doivent se parler en temps réel. L’adoption de textes communautaires communs est également à l’ordre du jour.
Le troisième est le suivi. Les experts vont évaluer la mise en œuvre des recommandations de leur précédente rencontre tenue à Bamako les 2 et 3 octobre 2025.
Le renforcement des capacités, avec l’appui de l’Institut des Finances Publiques du Burkina Faso, figure aussi au programme.
Le plaidoyer de Ouagadougou pour une douane sans frontières
A l’ouverture, Yves Kafando a été direct. Il a plaidé pour une coopération renforcée entre les administrations de l’AES et du Togo. Le triptyque est posé : harmoniser les procédures, fluidifier les échanges et sécuriser les recettes publiques. Trois objectifs qui, bien menés, doivent profiter à la fois aux opérateurs économiques et aux États.
A l’issue des trois jours de travaux, des recommandations concrètes seront soumises aux Directeurs généraux des Douanes de l’AES et au Commissaire général de l’Office Togolais des Recettes (OTR).
Un signal fort après la rupture avec la CEDEAO
Cette concertation n’est pas anodine. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont créé la Confédération des États du Sahel en juillet 2024 après leur retrait de la CEDEAO. En s’associant à cette dynamique douanière, le Togo, qui n’est pas membre de l’AES, confirme sa stratégie de pont et de coopération régionale pragmatique, au-delà des blocs.
Si le régime tarifaire préférentiel voit le jour, il pourrait considérablement réduire les coûts pour les entreprises et redessiner les corridors commerciaux entre le Golfe de Guinée et le Sahel.
Launetogo

