Le Togo renforce son ancrage maritime à l’international. En marge du 3e Sommet Russie-Afrique qui s’est ouvert le 28 octobre à Moscou, Lomé et Moscou ont scellé un accord majeur de reconnaissance mutuelle des brevets et certificats d’aptitude des marins.
Le texte a été paraphé mercredi 28 octobre 2026 par le ministre délégué chargé de l’Économie maritime, Edem Kokou Tengue, et son homologue russe des Transports, Dmitri Iadrov.
Un passeport professionnel commun
Concrètement, cet accord va considérablement fluidifier la mobilité des gens de mer. Il établit un mécanisme officiel permettant à chaque pays de reconnaître, vérifier et valider les qualifications professionnelles délivrées par l’autre.
Le dispositif est adossé à la référence mondiale du secteur : la Convention internationale STCW de 1978 (Standards of Training, Certification and Watchkeeping), qui fixe les normes de formation et de qualification des équipages, sous l’égide de l’Organisation Maritime Internationale (OMI).
Pour un marin togolais formé à Lomé, son brevet pourra désormais être reconnu plus facilement pour embarquer sur un navire opérant sous réglementation russe, et inversement.
Vérification en 7 jours et registres électroniques
L’accord ne se contente pas d’une déclaration de principe. Il prévoit des procédures opérationnelles encadrées :
– Délivrance de visas attestant la reconnaissance officielle des brevets
– Création de registres électroniques consultables pour vérifier l’authenticité des diplômes
– Engagement formel de répondre à toute demande de vérification par e-mail sous 7 jours ouvrables
Une garantie contre la fraude et un gage de respect des standards internationaux de sécurité en mer.
Pourquoi c’est important pour le Togo ?
Avec le Port Autonome de Lomé, premier port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest et hub de transbordement majeur, le Togo a des ambitions maritimes claires. Cet accord n’est pas anodin : il positionne le pavillon togolais et ses marins dans un cadre de coopération normée avec une grande puissance maritime comme la Russie.
Il s’agit du troisième accord signé entre les deux pays lors de ce sommet, signe d’une coopération qui s’élargit au-delà du traditionnel volet diplomatique pour investir le domaine très technique et stratégique de l’économie bleue.
P.A

