Kpalimé respire l’économie circulaire. Depuis le lundi 26 octobre 2026, la ville touristique, située à 120 km au nord-ouest de Lomé, accueille plus de 300 acteurs environnementaux venus de tout le continent pour un forum crucial : comment faire de la gestion des déchets un levier de développement durable en Afrique.
Présidée par le ministre togolais chargé de l’Environnement, Dodzi Komla Kokoroko, cette rencontre panafricaine dépasse le simple échange technique. Elle vise à forger une position commune africaine sur la gestion des déchets, à quelques semaines de la COP31 prévue à Antalya en Türkiye.
De la poubelle à la ressource
Élus locaux, parlementaires, autorités traditionnelles, universitaires, entreprises, société civile, jeunes et partenaires techniques et financiers : l’écosystème complet de la gestion des déchets est réuni. L’objectif est de passer d’une gestion subie à une gestion valorisée.
Les discussions s’articulent autour d’un paradigme central : l’économie circulaire. Il ne s’agit plus seulement de collecter et d’enfouir, mais de réduire à la source, réutiliser, recycler et transformer le déchet en ressource économique. Des modèles qui ont fait leurs preuves au Rwanda, au Maroc ou au Sénégal ont été partagés pour inspirer des solutions adaptées aux réalités locales africaines.
L’Afrique, qui croule sous une urbanisation galopante, veut arriver à Antalya avec une voix unie et des propositions concrètes, pour que ses priorités ne soient pas diluées dans les grands débats climatiques mondiaux.
Les communes en première ligne
Le forum a mis un accent particulier sur le rôle central des collectivités territoriales. Ce sont elles qui gèrent au quotidien la salubrité, la collecte et la relation avec les populations. Sans elles, aucune politique nationale ne peut réussir.
C’est d’ailleurs la philosophie du projet GEDEC (Gestion des déchets et décentralisation) que met en œuvre le Togo avec l’appui de l’Union européenne. Financé à hauteur de 4,2 millions d’euros, soit près de 2,8 milliards FCFA, ce projet pilote est déployé dans cinq communes emblématiques : Zio 1 (Tsévié), Ogou 1 (Atakpamé), Tchaoudjo 1 (Sokodé), Kozah 1 (Kara) et Tône 1 (Dapaong).
En choisissant Kpalimé, le Togo envoie un signal fort : la solution à la crise des déchets ne viendra pas uniquement des capitales, mais de la coopération entre pouvoirs publics, entreprises et citoyens pour bâtir des villes plus propres et plus résilientes.
Les travaux se poursuivent pour aboutir à une déclaration commune de Kpalimé, qui servira de feuille de route africaine sur la route d’Antalya.
Launetogo

