C’est passé presque inaperçu dans le flot des nominations et du budget, mais c’est l’une des décisions les plus stratégiques du Conseil des ministres du 22 octobre 2026.
Le gouvernement a adopté le projet de loi autorisant la ratification de l’Accord de Samoa, signé le 15 novembre 2023 à Apia.
De quoi s’agit-il ? Du nouveau cadre qui va régir pendant 20 ans les relations entre l’Union Européenne et les 79 pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (OEACP). Il remplace l’Accord de Cotonou, qui était arrivé à bout de souffle.
Pour le Togo, l’enjeu est financier et politique. Dans un contexte où le budget de l’Etat se resserre – 2 744,2 milliards en 2026, 2 684,1 milliards prévus en 2027 – le pays a besoin de sécuriser ses financements extérieurs. L’Accord de Samoa est justement la clé qui ouvre les robinets européens pour la paix, la sécurité, la gouvernance, le développement humain, le climat et les investissements.
Le Conseil le dit clairement : cette ratification doit permettre de « favoriser la mobilisation des financements, la promotion des investissements et le renforcement de la coopération ».
Ce n’est pas anodin au moment où le Togo réforme en profondeur son régime de zone franche pour créer des Zones Économiques Spéciales (ZES). Le nouveau régime ZES veut attirer des investisseurs qui créent des emplois locaux et qui valorisent les ressources nationales. L’Accord de Samoa, avec son protocole Afrique axé sur la croissance inclusive et durable, est le complément diplomatique parfait pour rassurer les investisseurs européens.
En clair, le Togo a adopté deux textes le même jour qui se répondent : à l’intérieur, une loi pour mieux accueillir les investissements, à l’extérieur, un traité pour garantir que l’Europe continue de financer et d’investir.
C’est aussi un pari sur la stabilité. L’Accord met l’accent sur la bonne gouvernance et la stabilité régionale, deux thèmes chers à Lomé qui fait de la sécurité son premier poste d’investissement avec 227,2 milliards FCFA pour l’axe « Protéger » de sa Feuille de route.
Avec Samoa, Lomé s’assure que malgré un budget de rigueur, la porte de Bruxelles reste grande ouverte.

