Fini l’attente que les bassins débordent pour agir. Le Togo change de doctrine face aux inondations.
En fin de semaine dernière, le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, était sur le terrain. Tokoin Tamé, Awatamé, bassin de Todman. Trois points noirs du Grand Lomé, trois sites où les opérations de pompage engagées depuis les fortes pluies de juin commencent à payer.
Le niveau d’eau baisse. Visiblement.
« On n’attend pas que les bassins soient pleins pour les pomper, on fait un pompage préventif pour réduire le niveau d’eau dans les bassins afin que les bassins ne soient plus un problème comme ça a été le cas par le passé », a expliqué le ministre.
Le mot est lâché : préventif. Pendant des années, la ville a subi. Elle pompait en urgence, quand les quartiers étaient déjà sous l’eau. Désormais, on pompe avant que ça déborde. On maintient les bassins bas pour qu’ils puissent absorber le prochain orage.
En parallèle, les équipes poursuivent le dragage des bassins de rétention et le dégagement des canaux de décharge. Le tout bouché par des années de déchets et de sédiments, c’est le principal obstacle à l’évacuation des eaux pluviales vers la mer.
« Le défi reste désormais de maintenir ces dispositifs opérationnels, de renforcer les pratiques d’assainissement et de protéger durablement les populations face aux épisodes de fortes pluies », a insisté Séna Alipui.
Car le pompage ne suffira pas.
D’où le pari sur les infrastructures lourdes. Le gouvernement mise sur le projet RAINE. Son arme : « Mawusé », le micro-tunnelier déployé il y a quelques jours à Lomé. Sa mission est de creuser un réseau souterrain qui doit changer la donne : acheminer directement les eaux de ruissellement du Grand Lomé vers le fleuve Zio.
Un Lomé sans inondations, c’est l’ambition. Entre le pompage préventif qui gère l’urgence et Mawusé qui prépare l’avenir, la capitale tente de sortir enfin du cycle infernal des pluies et des quartiers sinistrés.

