Kara boucle la boucle. Après les Savanes, la Centrale et les Plateaux, c’est au tour de la région de la Kara d’entrer dans la dernière ligne droite du projet WURI-Togo.
Les 15 et 16 octobre, l’Agence nationale d’identification (ANID) organise dans la ville un atelier de consultation publique et de mise en place des Comités communaux de gestion des plaintes (CCGP).
L’atelier fait partie d’une série de rencontres tenues simultanément du 12 au 16 octobre sur tout le territoire national. Objectif : préparer le terrain avant le démarrage imminent de l’enregistrement biométrique de masse dans la Kara, qui constitue la dernière étape du processus lancé en novembre 2024 dans les Savanes.
Il ne s’agit pas seulement d’informer. L’ANID veut écouter, anticiper et désamorcer.
Car le projet, financé par la Banque mondiale, est sensible : attribuer à chaque résident du Togo un Numéro d’Identification Unique (NIU) sur la base de données biographiques et biométriques. La clé qui doit ouvrir l’accès à l’école, à l’hôpital, à l’assurance maladie universelle, aux services financiers.
Mais encore faut-il que l’enrôlement se passe bien.
D’où la création des CCGP. Ces comités communaux seront les vigies de proximité. Leur mission : recevoir les plaintes, les examiner, assurer leur suivi. Une erreur sur un nom, un village non couvert, un cas de fraude, un refus d’enrôlement. Tout doit remonter et trouver réponse localement pour éviter que le projet ne crée de l’exclusion là où il veut créer de l’inclusion.
Le message a été martelé par le directeur général de l’ANID, le Colonel Silété Roselin Devo. Pour lui, le chiffre est alarmant : plus de la moitié des Togolais ne disposent pas d’une preuve d’identité. Sans pièce, pas d’accès aux services essentiels. Le NIU est censé briser ce plafond de verre.
Il a appelé les préfets, maires, chefs traditionnels et leaders communautaires de la Kara à se mobiliser. Car sans adhésion locale, pas de couverture totale.
Même son de cloche chez le préfet de la Kozah, le Colonel Bonfoh Farè. Il voit dans WURI un triple levier : modernisation de l’administration, transformation numérique et inclusion sociale. Et dans les CCGP, un mécanisme préventif pour maintenir la cohésion sociale pendant les opérations.
A Kara, l’enjeu est désormais clair : réussir la dernière marche pour que le Togo puisse enfin compter et reconnaître chacun de ses habitants.

