Le Togo a activé un nouveau levier de coopération économique avec l’Union européenne. La première session du dialogue tripartite s’est tenue sous la présidence de Dr Sandra Ablamba Johnson, ministre Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, aux côtés de Gwilym Ceri Jones, ambassadeur de l’UE au Togo, et de Charles Kokouvi Gafan, président d’Eurocham Togo.
Contrairement à un forum ponctuel, ce mécanisme est conçu pour durer. Il réunira deux fois par an le gouvernement togolais, la délégation de l’UE, les États membres et les entreprises européennes installées au Togo. Entre chaque session, des travaux techniques assureront le suivi des engagements, le levée des blocages réglementaires et l’évaluation des projets.
Objectif affiché : sécuriser les entreprises déjà présentes et rendre le Togo plus compétitif pour attirer de nouveaux capitaux européens.
Lomé ne cherche pas seulement des flux financiers. Il vise des retombées mesurables : création d’emplois qualifiés, transfert de compétences vers la main-d’œuvre locale, intégration des PME togolaises dans les chaînes d’approvisionnement, et élargissement de la base fiscale.
Pour financer cette trajectoire, le Togo s’aligne sur Global Gateway, la stratégie d’investissement de l’UE en Afrique, dotée de 150 milliards d’euros sur 2021-2027. Cet instrument doit servir de catalyseur pour les secteurs prioritaires : infrastructures, énergie, numérique, agro-industrie et logistique.
Dr Ablamba Johnson a inscrit l’initiative dans un contexte international tendu : « Face aux défis du multilatéralisme, nous devons faire évoluer notre partenariat vers un modèle plus structuré, plus affirmé et davantage orienté vers les résultats ». Elle a réaffirmé la place du secteur privé dans la feuille de route du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, où l’entreprise est conçue comme moteur de croissance, d’innovation et d’emploi.
Pour l’UE, ce dialogue est un accélérateur. « Notre ambition est claire : encourager davantage d’investissements européens au service de la croissance et de l’emploi au Togo. C’est tout le sens de Global Gateway », a déclaré Gwilym Ceri Jones. Il a aussi salué le rôle d’Eurocham Togo, interface opérationnelle avec près de 300 entreprises européennes actives sur le territoire.
Les discussions ont largement porté sur l’avantage comparatif du pays : sa position sur le corridor Abidjan-Lagos et ses investissements massifs dans le port, l’énergie et le numérique. Ces atouts, selon les participants, doivent permettre au Togo de capter de nouvelles chaînes de valeur régionales et de se positionner comme plateforme d’exportation.
Charles Kokouvi Gafan a rappelé la contribution concrète des entreprises européennes : investissements productifs, création d’emplois, formation des talents locaux et contribution aux recettes de l’État. Pour Eurocham, elles sont déjà des partenaires de la transformation économique.
À travers cette première session, les trois parties posent les bases d’un partenariat économique plus lisible et prévisible. L’enjeu désormais : transformer ce cadre de concertation en pipeline de projets bancables, capables d’accélérer l’industrialisation, de réduire le chômage des jeunes et de soutenir durablement la croissance togolaise.

