Sectionner un câble à fibre optique en plein chantier, fragiliser une conduite de gaz ou retarder un projet routier à cause d’un réseau non signalé. Ces incidents, devenus trop fréquents, ont poussé le gouvernement à agir. En première lecture, le Conseil des ministres a examiné le décret créant un guichet unique des infrastructures, construit autour du Réseau national de correction centimétrique de position géographique, CENTIPOS.
Jusqu’à présent, chaque opérateur de télécoms, d’énergie, d’eau, de gaz ou de travaux publics gérait ses plans séparément. Cette absence de référentiel commun multipliait les fouilles inutiles, les coupures de services et les surcoûts. Le nouveau dispositif entend y mettre fin en imposant une cartographie nationale partagée et précise.
Au cœur de cette architecture figure CENTIPOS. Grâce à la correction centimétrique, le réseau permet de situer avec exactitude tous les ouvrages existants comme les projets à venir. Le texte rend désormais obligatoire pour les gestionnaires d’infrastructures l’alimentation et l’actualisation permanente de la plateforme. Pour les entreprises, la consultation préalable du guichet et le respect des périmètres de sécurité deviennent la règle avant toute intervention sur le domaine public.
L’enjeu dépasse la technique. Il s’agit d’instaurer une gouvernance par la donnée. En mutualisant l’information géospatiale, l’État cherche à protéger les réseaux déjà en service, à coordonner les travaux des différents secteurs et à limiter les réouvertures successives de voirie. C’est aussi un moyen d’accélérer les projets structurants en sécurisant les phases d’études et d’exécution.
Avec ce guichet unique, le Togo bascule d’une logique de réparation après incident vers une logique d’anticipation. La prévention remplace l’improvisation. C’est une condition indispensable pour conduire une transformation structurelle sans fragiliser la continuité des services essentiels.

