Le partenariat franco-togolais entre dans une nouvelle séquence. Réuni à Lomé, le Comité local de développement a acté l’adoption d’une feuille de route de coopération couvrant la période 2026-2028. L’objectif est simple : arrimer l’appui français aux priorités nationales du Togo, sans dispersion, avec des résultats mesurables sur le terrain.
Cette feuille de route ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans la future trajectoire gouvernementale 2026-2031, construite autour du triptyque « Protéger, Rassembler, Transformer ». Traduction concrète : sécuriser les acquis, renforcer le lien social et accélérer la transformation économique. Paris et Lomé ont donc choisi de concentrer leurs efforts sur trois grands chantiers complémentaires.
Le premier chantier vise une croissance qui profite au plus grand nombre. Il s’agit de générer des emplois, surtout pour les jeunes et les femmes, en soutenant l’entrepreneuriat, la modernisation de l’agriculture et la formation professionnelle. Le second axe travaille sur le socle du développement : infrastructures et services essentiels. L’accès durable à l’eau potable, à l’électricité, aux routes rurales et aux soins de base reste une priorité, notamment dans les zones enclavées et dans la région des Savanes où Paris maintient un engagement ciblé. Le troisième pilier porte sur la solidité institutionnelle : renforcer la gouvernance, promouvoir les droits humains et consolider la cohésion sociale. C’est la condition pour que les investissements tiennent dans le temps.
L’égalité de genre traverse ces trois axes. La France l’a rappelé : aucune transformation durable ne se fera sans réduire les inégalités entre femmes et hommes, à l’école comme dans l’économie.
Sur le plan opérationnel, l’Agence française de développement reste le bras armé de cette coopération. Déjà fortement engagée au Togo, elle a mobilisé 395 millions d’euros ces dernières années. Ces financements ont permis d’étendre l’accès à l’eau et à l’électricité, de rénover des centres de formation professionnelle, de désenclaver des zones rurales et d’appuyer la décentralisation. L’action ne se limite pas à l’économie. L’enseignement supérieur, la culture, l’action humanitaire et l’appui aux collectivités locales reçoivent aussi un soutien soutenu, preuve de la diversification du partenariat.
Avec cette feuille de route 2026-2028, Lomé et Paris parient sur la continuité et la précision. Moins d’effets d’annonce, plus de projets alignés sur la feuille de route gouvernementale. L’ambition est claire : faire de la coopération un levier direct de transformation pour les Togolais, en partant des besoins exprimés sur le terrain jusqu’aux réformes qui sécurisent l’avenir.

