Le ciel reste chargé et la rivière Zio grossit. Depuis plusieurs jours, le niveau des eaux monte de façon préoccupante dans le bassin de la Zio et ses environs. L’alerte a été lancée par le Colonel Calixte Batossie Madjoulba, ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, face à une situation hydrologique qui pourrait rapidement se dégrader.
Des communes entières sous surveillance
Les zones concernées couvrent un vaste périmètre de la région Maritime et du Grand Lomé : Zio 1, Zio 2, Zio 3, Zio 4, Avé 1, Agoè-Nyivé 2, Agoè-Nyivé 4, Agoè-Nyivé 6, Golfe 1 et Golfe 6. Autant de communes où vivent des milliers de riverains, d’agriculteurs et de commerçants dont les habitations, les champs et les infrastructures sont en première ligne.
Les données techniques confirment l’inquiétude. Les relevés des stations hydrométriques de Kati et de Kpédji, complétés par la balise communautaire de Tovouganou à Togblékopé, affichent une courbe ascendante continue. Or les prévisions météorologiques n’annoncent aucun répit : les précipitations devraient se poursuivre dans les prochaines semaines. Conjonction de la pluie et des sols déjà saturés, le risque est double : hausse supplémentaire du niveau d’eau et exposition accrue des populations aux inondations, à l’érosion des berges et à la destruction des moyens de subsistance.
Le ministre Madjoulba active le dispositif d’alerte
Face à cette menace, le colonel Madjoulba a instruit les Plateformes régionales et locales de réduction des risques de catastrophes à passer en mode vigilance renforcée.
« Il est demandé à l’ensemble des acteurs de maintenir un niveau élevé de vigilance, d’assurer un suivi permanent des dispositifs d’alerte précoce et de se tenir prêts à intervenir en cas de besoin », a-t-il indiqué.
L’objectif est clair : anticiper plutôt que subir. Les équipes de secours, les comités locaux et les relais communautaires doivent désormais fonctionner en alerte continue pour garantir une réactivité maximale si la situation l’exige.
5 mesures de précaution à respecter strictement
Le ministre appelle les populations des zones à risque à faire preuve de discipline et de responsabilité. Il recommande 5 réflexes essentiels :
1. *Surveiller et alerter* : Observer régulièrement les balises communautaires et les échelles limnimétriques. Toute montée anormale ou rapide des eaux doit être signalée sans délai aux autorités locales et aux services de secours.
2. *Éviter le danger* : S’abstenir de toute activité dans ou près du lit du cours d’eau : baignade, nage, traversée, lessive, pêche ou pratiques rituelles. Le courant peut devenir mortel en quelques minutes.
3. *Protéger les plus vulnérables* : Accorder une attention particulière aux enfants, aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux personnes en situation de handicap. Ils doivent être évacués en priorité si la situation l’exige.
4. *Se préparer à évacuer* : Identifier à l’avance un point haut et un sac d’urgence. Se conformer sans réserve aux instructions données par les autorités compétentes. Mieux vaut partir tôt que trop tard.
5. *Numéros d’urgence* : En cas d’urgence ou de danger imminent, contacter immédiatement les secours aux numéros gratuits 170, 1014 ou 118.
« Calme, responsabilité, vigilance »
Au-delà des consignes techniques, le colonel Madjoulba lance un appel au civisme :
« J’appelle les populations concernées au calme, à la responsabilité et à la vigilance. Ne vous laissez pas influencer par les rumeurs. Informez-vous exclusivement auprès des canaux officiels du gouvernement et des services de protection civile. »
Dans le bassin de la Zio, la météo dicte désormais le tempo. Entre les relevés de Kati, Kpédji et Togblékopé, et les bulletins à venir, les prochaines semaines seront décisives. La vigilance collective reste la meilleure digue face à la montée des eaux.

