Dès l’aube, le boulevard VIGLO a changé de visage. À la place du bitume et de la poussière, des alignements de trous, des brouettes de compost, des arrosoirs, des jeunes en tee-shirt « Togo Vert 2030 ». La commune de Golfe 5 a donné à la 49e Journée nationale de l’arbre une tonalité résolument urbaine et citoyenne, en lançant une vaste opération de reboisement au cœur de son axe principal.
Le chantier écologique a réuni dès les premières heures autorités municipales, forces de sécurité, acteurs de quartier et centaines de volontaires. Tous mobilisés pour une même conviction : reverdir la ville, c’est réparer le cadre de vie.
Le maire Kossi Agbenyega Aboka en chef d’orchestre
La cérémonie officielle a été conduite par le maire Kossi Agbenyega Aboka, entouré de son équipe : l’adjoint délégué à l’environnement et le secrétaire général de la commune. Loin d’un geste protocolaire, leur présence a ancré l’engagement politique local.
À leurs côtés, les Comités de développement à la base CDB et les Volontaires d’engagement citoyen VEC ont fourni l’ossature humaine de l’opération. Leur implication illustre une réalité : la transition écologique de Golfe 5 ne se décrète pas d’en haut, elle se construit avec les quartiers.
400 gaïacs pour réécrire le paysage urbain
Au total, 400 plants de gaïac _Guaiacum officinale_ ont été mis en terre le long du boulevard VIGLO. Choix réfléchi : arbre rustique, tolérant à la sécheresse, au feuillage dense et au port élégant. Dans quelques années, il offrira de l’ombre aux piétons, adoucira la chaleur urbaine et captera une part des poussières que charrie la circulation.
Au-delà du geste symbolique du 1er juin, cette plantation s’inscrit dans une stratégie plus large de restauration du végétal en ville. Golfe 5 veut reconquérir ses alignements d’arbres, multiplier les îlots de fraîcheur, rendre respirable les carrefours et les marchés. Replanter, c’est rendre aux habitants un droit simple : marcher à l’ombre.
L’après-plantation, vrai test de crédibilité
Les responsables communaux ont martelé un message : le plus difficile commence maintenant. Planter est rapide. Faire vivre l’arbre exige constance.
Pour éviter que les gaïacs ne deviennent des piquets morts dans six mois, la mairie a annoncé la mise en place d’un dispositif d’arrosage mécanisé. Citernes, points d’eau, agents dédiés : l’entretien sera programmé, pas improvisé. L’objectif est clair, transformer l’opération du 1er juin en suivi quotidien jusqu’à ce que les racines tiennent seules.
Cette logique de durabilité tranche avec la logique d’événement. Golfe 5 refuse que le reboisement reste une photo. Elle veut en faire un contrat avec la ville et ses habitants.
« Une maison, un arbre » : faire de chaque Togolais un forestier urbain
En parallèle, la commune accélère son programme phare « Une maison, un arbre ». L’ambition pour juin 2026 : 5 000 arbres plantés dans les concessions, écoles, églises, mosquées et espaces publics de proximité.
L’idée force est simple. Si chaque ménage adopte un arbre et le protège, Golfe 5 comptera des milliers de micro-forêts privées. Le citoyen cesse d’être spectateur pour devenir acteur de la transition écologique locale. Planter devant sa porte, c’est aussi baisser la température de sa cour, fixer la poussière, attirer les oiseaux, donner de la valeur à son quartier.
Une commune qui mise sur l’habitude plutôt que sur l’exception
À travers l’opération VIGLO et le programme « Une maison, un arbre », Golfe 5 teste un modèle : faire de la protection de l’environnement une habitude, pas une cérémonie.
Arrosage mécanisé, CDB mobilisés, VEC formés, essences adaptées, suivi rigoureux : les outils sont posés. Reste l’appropriation. Et c’est là que le pari se joue.
Si les 400 gaïacs du boulevard VIGLO deviennent de grands arbres dans 5 ans, ils parleront plus que tous les discours. Ils diront qu’une commune peut reverdir sa ville, un arbre, un quartier, un citoyen à la fois.

