Nouvelle opération réussie pour le Trésor public togolais. Le vendredi 29 mai 2026, le pays a mobilisé 27,5 milliards FCFA sur le marché financier régional de l’Union monétaire ouest-africaine, UMOA. L’émission, orchestrée par UMOA-Titres, combinait Bons assimilables du Trésor, BAT, et Obligations assimilables du Trésor, OAT. L’objectif initial était fixé à 25 milliards FCFA. Il a été largement dépassé.
Selon les résultats officiels consultés par Togo First, les souscriptions ont atteint 93,4 milliards FCFA. Soit un taux de couverture de 373,72 %. Autrement dit, les investisseurs ont proposé près de 4 fois le montant recherché par l’État.
Face à cette surliquidité, le Togo a fait le choix de la sélectivité. Seuls 27,5 milliards FCFA ont été retenus, et exclusivement sur le volet obligations. Une stratégie qui privilégie le financement à moyen terme et allège la pression sur la trésorerie à court terme.
Détail de l’opération : mise sur les maturités 3 ans et 5 ans
Le découpage confirme l’intérêt pour les maturités intermédiaires.
1. *OAT 3 ans* : 11,72 milliards FCFA levés, assortis d’un coupon fixe de 6,15 %.
2. *OAT 5 ans* : 15,78 milliards FCFA mobilisés, avec un taux annuel de 6,35 %.
Ces taux reflètent la confiance du marché dans la signature togolaise et s’inscrivent dans la tendance régionale actuelle. En misant sur des OAT, le pays sécurise des ressources stables pour financer des investissements structurants, plutôt que de recourir massivement aux BAT à très court terme.
143 milliards FCFA déjà mobilisés en 2026
Avec cette opération, le cumul des levées depuis le 1er janvier 2026 atteint 143 milliards FCFA. Cela représente environ 31 % de l’enveloppe annuelle prévue par la loi de finances, fixée à 463,5 milliards FCFA.
Cet objectif de financement doit soutenir un budget de l’État équilibré à 2 751 milliards FCFA. Il vise à couvrir les dépenses d’investissement, le service de la dette et les programmes sociaux prioritaires. Le rythme pris depuis janvier montre que le Togo avance sans à-coups dans l’exécution de son calendrier d’emprunt.
Au-delà des chiffres, cette sursouscription à 373 % envoie un message clair aux marchés. La stratégie de gestion de la dette togolaise, articulée autour de la transparence, de la régularité des émissions et du dialogue avec les investisseurs, continue de porter ses fruits.
En privilégiant les OAT et en évitant de retenir tout l’argent proposé, le Trésor garde de la marge de manœuvre pour les prochaines échéances. Il sécurise aussi le coût moyen de sa dette. Dans un contexte régional où la concurrence pour les ressources reste vive, le Togo confirme son accès confortable au financement et sa capacité à lever des fonds à des conditions maîtrisées.

