C’est dans un format à la fois institutionnel et opérationnel que la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) et le Conseil national du Patronat (CNP) du Togo ont réuni, jeudi 7 mai 2026, un parterre de chefs d’entreprise autour d’un déjeuner de travail. Objectif : exposer, données à l’appui, les leviers concrets qu’offre la plateforme aux investisseurs nationaux et, par-delà, contribuer à la densification du tissu industriel togolais.
Un présidium pour sceller l’alliance public-privé
Autour de la table d’honneur figuraient Tushar Khairnar, PDG de PIA SAS, le Colonel Idiola Sandah, Autorité de coordination de la PIA, ainsi que Laurent Tamegnon et Thierry Awesso, respectivement Président et Vice-président du CNP. La symbolique est claire : l’État, l’opérateur stratégique et le secteur privé parlent désormais d’une seule voix pour accélérer l’industrialisation.
Un écosystème intégré, pensé pour la performance
Les présentations ont permis de détailler l’architecture de compétitivité déployée à Adétikopé. La PIA, ce sont d’abord 118 000 m² d’infrastructures d’entreposage aux standards internationaux, adossés à un parc industriel intégré de 400 hectares. C’est ensuite un guichet unique regroupant 27 administrations, qui ramène à 60 jours maximum le délai d’implantation d’un projet, de l’enregistrement à la première production. C’est enfin une garantie énergétique de 30 MW dédiés, sécurisant la continuité des chaînes de fabrication et supprimant l’aléa des délestages.
À ces fondamentaux s’ajoutent des incitations fiscales et douanières calibrées pour l’industrie, un accès ferroviaire et routier direct au Port autonome de Lomé, et un bassin d’emploi en cours de qualification via des centres de formation installés sur site. Autant d’arguments qui transforment la PIA en hub régional de transformation.
Du dialogue à l’engagement : les chefs d’entreprise conquis
Pour les participants, la rencontre a levé les dernières zones d’ombre. « Nous avons désormais une lisibilité complète sur la chaîne construire-transformer-commercialiser au sein de la PIA », confie un industriel du secteur agroalimentaire. La possibilité d’intégrer toute la chaîne de valeur sur un même périmètre, avec des coûts logistiques optimisés et une fiscalité maîtrisée, ouvre des perspectives inédites pour les PME-PMI togolaises jusqu’ici cantonnées à l’import-distribution.
« C’est un plaisir d’accueillir la PIA au Patronat afin d’avoir des échanges constructifs visant à mobiliser les chefs d’entreprises à s’installer sur la plateforme », a salué Laurent Tamegnon, Président du CNP. Une déclaration qui traduit la volonté du secteur privé organisé d’endosser pleinement le virage industriel impulsé par les pouvoirs publics.
Une dynamique déjà en marche
La PIA n’est plus un projet, mais une réalité industrielle. Plus d’une douzaine d’unités y sont déjà en exploitation, de l’assemblage textile à la transformation du soja en passant par la fabrication de matériaux de construction. Une dizaine d’autres sont en phase d’installation, confirmant l’attractivité du site et la pertinence du modèle. Chaque implantation nouvelle génère des emplois directs, structure des filières locales d’approvisionnement et accroît la part du « made in Togo » dans la consommation nationale.
Cap sur la souveraineté productive
Au-delà des chiffres, le déjeuner du 7 mai a matérialisé une convergence stratégique : faire de la PIA le catalyseur de la souveraineté productive du Togo. En mutualisant infrastructures, énergie, administration et formation, la plateforme réduit drastiquement les barrières à l’entrée pour les industriels locaux et offre aux investisseurs étrangers un point d’ancrage compétitif en Afrique de l’Ouest.
L’enjeu, désormais, est d’amplifier le mouvement. Le CNP s’y engage. La PIA en donne les moyens. Les entreprises, convaincues, sont appelées à transformer l’essai.

