À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) a rendu public, ce jeudi 30 avril, la 25ᵉ édition de son Classement mondial 2026. Pour le Togo, l’édition s’avère porteuse d’un signal encourageant : le pays signe l’une des remontées les plus spectaculaires de l’année sur le continent, et la plus forte en Afrique de l’Ouest.
Classé 121ᵉ sur 180 pays dans l’édition 2025, le Togo se hisse en 2026 au 97ᵉ rang mondial. Cette progression de 25 places lui permet de quitter la catégorie « situation difficile » pour intégrer la zone « situation problématique », selon la nomenclature établie par RSF. Au-delà de la statistique, c’est un changement de palier qui traduit une amélioration tangible de l’environnement de l’information, telle que mesurée par les indicateurs de l’organisation : pluralisme, indépendance des médias, cadre légal, transparence, sécurité des journalistes.
La performance togolaise prend un relief particulier dans un contexte international préoccupant. RSF relève qu’en 2026, « pour la première fois, plus de 52,2% des pays du monde sont classés en situation “difficile” ou “très grave” ». L’indicateur relatif au cadre juridique est celui qui connaît la détérioration la plus marquée, avec des dispositifs restrictifs recensés dans 110 États sur 180. En inversant la tendance, le Togo fait figure de contre-exemple positif, démontrant que des marges de progression demeurent possibles lorsque la volonté politique, la responsabilité des acteurs médiatiques et le dialogue institutionnel convergent.
Avec +25 places, le Togo réalise la plus forte remontée d’Afrique de l’Ouest, devant la Côte d’Ivoire +10 places, 54ᵉ mondiale et le Tchad +15 places. À l’échelle de la CEDEAO, la Gambie conserve son statut de leader régional en se maintenant au 46ᵉ rang mondial. Le Togo dépasse désormais plusieurs pays de la zone et réintègre le voisinage du top 100, douze mois seulement après avoir figuré parmi les moins bien classés de la sous-région, 121ᵉ en 2025. Cette dynamique illustre l’amorce d’un rééquilibrage et ouvre des perspectives pour consolider les acquis.
Si le repositionnement est significatif, le passage en zone « situation problématique » rappelle que des défis subsistent. Accès à l’information, viabilité économique des organes de presse, protection des journalistes, autorégulation, formation : autant de chantiers qui appellent une mobilisation continue des pouvoirs publics, des rédactions, des organisations professionnelles et des partenaires. Le classement RSF n’est pas une fin en soi. Il constitue un baromètre, un outil d’évaluation qui doit nourrir les réformes et renforcer la confiance entre l’État, les médias et les citoyens.
En 2026, le Togo démontre qu’une trajectoire ascendante est possible, même dans un environnement global sous tension. La liberté de la presse, pilier de la démocratie et vecteur de redevabilité, gagne du terrain. L’enjeu, désormais, est de transformer l’essai : ancrer les progrès, prévenir tout recul et faire de l’information libre, plurielle et responsable un levier durable du développement et de la cohésion nationale.

