La performance de l’action publique ne se décrète pas. Elle se construit, maillon par maillon, dans la rigueur des méthodes et la compétence des femmes et des hommes qui les appliquent. C’est cette conviction qui a présidé à l’atelier organisé les 16 et 17 avril au ministère de la Communication, sous l’égide de la Direction de la Planification, des Statistiques et du Suivi-Évaluation (DPSSE). Directeurs centraux, chefs de services, comptables publics et points focaux en planification et suivi-évaluation ont été réunis pour renforcer leur maîtrise de la chaîne Planification, Programmation, Budgétisation et Suivi-Évaluation (PPBSE).
En ouvrant les travaux, la ministre Yawa Kouigan a établi un lien direct, presque charnel, entre technicité administrative et impact sur la vie des Togolais. « Pour que nous puissions servir nos concitoyens de manière efficace avec un impact réel sur leur quotidien, il est indispensable de garder à l’esprit que la performance de l’action publique dépend de la qualité de la chaîne de planification, programmation, budgétisation et suivi-évaluation », a-t-elle rappelé. Par cette déclaration, l’atelier cesse d’être un exercice de formation ordinaire pour devenir un acte de redevabilité. Chaque ligne budgétaire bien conçue, chaque indicateur correctement renseigné, chaque projet mûri selon les standards, rapproche l’administration du citoyen.
Célestine Koumbia, directrice de la planification, a inscrit la session dans une logique d’appropriation pratique. Au-delà des concepts, il s’agit de donner aux cadres les réflexes et les outils qui transforment une intention politique en résultat mesurable. « Nous espérons que les échanges, les exercices pratiques et les discussions permettront à chacun de renforcer ses compétences afin de contribuer efficacement à la qualité des documents de planification et à la performance des actions du ministère », a-t-elle indiqué. L’enjeu est clair. Sortir des documents de programmation qui tiennent la route, des budgets qui reflètent des priorités arbitrées, des rapports de suivi qui disent la vérité de l’exécution.
Le dispositif pédagogique a été conçu pour coller au réel. Panels animés par des praticiens des finances publiques et du contrôle de gestion, études de cas tirées des portefeuilles du ministère, simulations d’élaboration de cadres de dépenses à moyen terme, manipulations d’outils de suivi-évaluation. Les participants ont planché sur les nœuds gordiens de la gestion publique. Comment passer d’un agenda de développement à une programmation triennale crédible. Comment faire mûrir un projet d’investissement pour qu’il franchisse sans encombre le filtre de la budgétisation. Comment articuler la budgétisation par programme avec les contraintes de trésorerie. Comment construire des indicateurs qui mesurent l’effet, pas seulement l’activité.
Cette séquence de renforcement des capacités s’adosse aux réformes plus larges engagées par l’État pour assainir la dépense publique et restaurer la confiance. La chaîne PPBSE en est la colonne vertébrale. Planifier sans programmer, c’est faire des vœux. Programmer sans budgétiser, c’est écrire des fictions. Budgétiser sans suivre ni évaluer, c’est dépenser à l’aveugle. En formant l’ensemble de ses cadres sur chaque maillon, le ministère de la Communication sécurise la cohérence d’ensemble et se met en capacité de démontrer l’usage de chaque franc CFA qui lui est alloué.
Les effets attendus sont concrets. Des lettres de mission mieux déclinées en plans de travail annuels. Des projets d’investissement documentés, chiffrés, assortis de chronogrammes réalistes. Des budgets programmes qui lient clairement ressources, activités et résultats. Des revues sectorielles qui identifient à temps les dérives et proposent des corrections. Pour le citoyen, cela se traduira par des campagnes de communication mieux ciblées, des services publics mieux expliqués, des infrastructures d’information livrées dans les délais et au coût prévu.
En professionnalisant sa fonction planification et suivi-évaluation, le ministère de la Communication envoie un signal. La modernisation de l’État ne relève pas du slogan. Elle commence dans les salles de formation, avec des cadres qui apprennent à dompter les tableaux, les cadres logiques et les indicateurs, pour qu’à l’arrivée le service public soit plus rapide, plus lisible et plus juste. La compétence est la première politesse que l’administration doit au contribuable. Ces 16 et 17 avril, le ministère a choisi de la cultiver.

