Le jeudi 22 janvier 2026, l’Office togolais des recettes (OTR) a donné le coup d’envoi à Lomé d’une vaste campagne nationale de vulgarisation des dispositions de la loi de finances, exercice 2026. Cette rencontre, placée sous le signe de la pédagogie fiscale, vise à mieux faire comprendre aux contribuables les nouvelles orientations budgétaires et les mesures phares contenues dans le budget de l’État adopté fin décembre dernier par le Parlement.
Le budget de l’État pour l’exercice 2026 est arrêté à 2 751,5 milliards de francs CFA, avec des recettes fiscales estimées à 1 338,86 milliards de francs CFA. Selon le Directeur de la communication et des services aux usagers de l’OTR, Konlani Kampatibe, la démarche engagée par l’institution ne répond pas à une logique de hausse des impôts, mais plutôt à une volonté d’élargissement de l’assiette fiscale afin de renforcer la justice et l’équité fiscales.
La loi de finances 2026 prend en compte une grande partie des préoccupations exprimées dans le cadre du dialogue social. Le texte prévoit la reconduction de onze mesures fiscales, parmi lesquelles la perception de la taxe de prélèvement de l’Union africaine, la réduction de 50 % du droit de douane liquidé sur le gasoil destiné aux machines et engins mobiles non routiers des industries, la suspension de la taxe sur les véhicules à moteur au profit des professionnels du transport, ainsi que l’instauration d’un régime fiscal dérogatoire pour les opérations de restructuration des entreprises en difficulté.
Ces dispositions traduisent la volonté de l’État d’accompagner le secteur privé et de promouvoir l’investissement à travers des mesures incitatives en faveur des entreprises. La loi de finances 2026 met également l’accent sur l’élargissement de l’assiette fiscale, avec pour objectif de renforcer la stabilité des finances publiques, conformément au Code général des impôts.
De nouvelles mesures sont introduites, notamment l’imposition des gains issus des jeux de hasard à partir de 500 000 francs CFA, avec une retenue à la source de 5 % opérée par les maisons de jeux, à caractère libératoire. Il est aussi prévu la réduction de la durée de détermination d’un établissement stable au Togo, qui passe de six à trois mois, afin de limiter les risques d’évasion fiscale liés au fractionnement des chantiers et des activités connexes.
La loi de finances 2026 intègre également des dispositions fortes en faveur de l’équité et de la justice fiscales, au bénéfice des personnes vulnérables, notamment les personnes vivant avec un handicap. À ce titre, toute entreprise légalement constituée qui recrutera en 2026 une personne en situation de handicap, à compétences égales avec une personne valide, pourra bénéficier d’un crédit d’impôt de 120 000 francs CFA, sous réserve du respect de la réglementation sociale en vigueur.
Enfin, il est à noter que les exonérations fiscales concédées par l’État pour l’année 2026 sont évaluées à 242,7 milliards de francs CFA, contre 211 milliards de francs CFA l’année précédente, traduisant l’effort consenti par les pouvoirs publics pour soutenir l’économie tout en préservant l’équilibre des finances publiques.

