
Modéré par Madame Ahoua Krystel DICOH (CCI-Togo), le panel a réuni des personnalités de haut vol. Yusuf DAYA (Afreximbank) a insisté sur l’urgence de renforcer la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour stimuler les échanges intra-africains. « La ZLECAf n’est pas un choix, mais une nécessité pour créer des chaînes de valeur régionales », a-t-il martelé. Aminata SECK (Ecobank Togo) a, quant à elle, souligné le rôle des institutions financières dans l’accompagnement des PME, véritables piliers de l’économie.
Du côté des infrastructures, le Lieutenant-colonel SANDAH Idiola (PIA) a présenté les avancées de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé, un modèle de partenariat public-privé qui attire des investisseurs internationaux.
Lors de son intervention, le Lieutenant-colonel SANDAH Idiola, responsable de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), a détaillé les progrès significatifs réalisés dans ce projet structurant. Cette plateforme, conçue comme un écosystème économique intégré, vise à catalyser l’industrialisation du Togo en combinant attractivité pour les investisseurs étrangers et renforcement des capacités locales. SANDAH a souligné la mise en place de zones dédiées aux industries agroalimentaires, textiles et technologiques, dotées d’énergies renouvelables et de réseaux de connectivité haut débit pour répondre aux standards internationaux.
Le modèle de partenariat public-privé (PPP) a été présenté comme une innovation institutionnelle : l’État togolais assure la sécurisation foncière et les infrastructures de base, tandis que les partenaires privés mutualisent des services critiques (maintenance, formation professionnelle, gestion des déchets). SANDAH, a profité de cette tribune pour lancer un appel aux investisseurs locaux et étrangers.
Tunde Guy d’ALMAIDA (African Global Logistics) a partagé des solutions logistiques innovantes pour désenclaver les régions reculées, tandis que Daté Dovéné TEVI-BENISSAN (ASKY) a évoqué l’extension des corridors aériens pour faciliter la circulation des biens et des personnes.
Le Professeur Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la Prospective et économiste reconnu, a apporté une analyse critique vigoureuse sur les enjeux économiques africains. Il dénonce notamment l’utilisation du franc CFA, qu’il considère comme un obstacle à la souveraineté monétaire des pays de la zone UEMOA, soulignant que cette monnaie perpétue une dépendance héritée de la colonisation .
Selon lui, les dirigeants africains font preuve d’improvisation économique, adoptant des politiques souvent calquées sur des modèles extérieurs sans adaptation aux réalités locales, ce qui affaiblit la croissance endogène . Il critique également l’absence de vision commune au sein des institutions régionales, limitant l’efficacité des réformes économiques.
Pour y remédier, Nubukpo plaide en faveur d’une souveraineté monétaire africaine, avec la création de devises locales contrôlées par des banques centrales indépendantes . Il propose de stimuler les échanges intra-africains via des infrastructures intégrées et des barrières douanières réduites, ainsi que de renforcer la compétitivité des entreprises locales en les protégeant temporairement des concurrences déloyales . Enfin, il insiste sur la nécessité de financer l’industrialisation par des mécanismes régionaux, réduisant ainsi la dépendance aux capitaux étrangers.
Pour rappel, l’un des objectifs majeurs que vise cette table ronde était de présenter les success stories des secteurs privés africains et afrodescendants, de cartographier les champions économiques du continent, de favoriser la création de partenariats interentreprises et de renforcer les chaînes de valeur régionales. Dans son intervention, le Professeur Kako Nubukpo a rappelé le caractère résolument pragmatique de cette édition du Congrès panafricain, soulignant que la mobilisation des ressources financières et humaines est essentielle pour réussir la transformation structurelle des économies africaines
Prudence AFANOU

