New York a tranché. Ce n’est plus Kigali, ce n’est plus Doha, ce n’est plus Washington. Pour la crise la plus meurtrière d’Afrique, le pivot s’appelle Lomé. Et le médiateur s’appelle Faure Gnassingbé.
En marge de la 81e Assemblée générale, António Guterres et Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, ont fait mieux que se parler. Ils ont co-présidé une réunion de haut niveau et dit la même chose : soutien total à la médiation togolaise.
C’est une consécration. Depuis avril 2025, le Président du Conseil togolais, SEM Faure Essozimna Gnassingbé, est le médiateur officiel de l’Union africaine pour le dossier RDC-Rwanda-M23. Hier, l’ONU a joint sa voix à celle de l’UA. Double onction. Rare.
Pourquoi lui ? Parce que le Togo a ce que les autres n’ont plus : il parle à tout le monde. Sans troupes sur le terrain, sans passé colonial dans les Grands Lacs, sans intérêt minier. Sa seule ressource, c’est la discrétion.
Le plan est déjà sur la table. Une feuille de route Togo-UA de juillet à décembre 2026, très opérationnelle :
– coordination politique entre Kinshasa et Kigali,
– accès humanitaire dans l’Est,
– dialogue direct avec les groupes armés dont le M23.
Un secrétariat conjoint Togo-UA-Communautés des Grands Lacs assure le suivi. Et surtout, Lomé ne joue pas solo. Le texte de New York insiste : complémentarité avec Washington et Doha, pas concurrence.
C’est toute la méthode Faure Gnassingbé : pas de grand discours, pas de conférence spectaculaire. Un travail de coulisses, de navettes, de confiance engrangée.
À New York, l’ONU et l’UA viennent de lui donner un blanc-seing jusqu’en décembre, avec deux échéances immédiates : poursuivre le dialogue armé et verrouiller la coordination internationale.
Dans une Afrique où les médiations échouent les unes après les autres, le petit Togo vient de s’imposer comme la capitale diplomatique de la crise congolaise. Et Faure Gnassingbé comme l’un des derniers faiseurs de paix crédibles du continent.

