Vieille de 73 ans, l’aire protégée de Togodo entame un nouveau chapitre. Créée en 1952 sur 18 000 hectares puis reclassée parc national en 2005 sur 15 000 hectares, la réserve de la région Maritime bénéficie aujourd’hui d’une vaste opération de restauration. L’ambition : sauver un écosystème menacé et préparer l’avenir.
Le chantier est porté par le Projet d’investissement pour la résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest, WACA ResIP, avec le financement de la Banque mondiale.
Pistes, ceinture verte et brigades : sécuriser pour mieux protéger
La première urgence était l’accessibilité et la surveillance. Sur le terrain, 39 kilomètres de pistes ont été tracés et réhabilités pour permettre aux équipes de patrouiller plus efficacement. Une ceinture verte de 10 hectares a été reboisée et une autre de 6 kilomètres posée pour mieux délimiter le périmètre du parc.
Côté hommes, le dispositif a été renforcé. Les brigades de Togodo Sud et Nord ont été réhabilitées. Trois nouveaux postes de relais ont été construits et un pylône installé pour fiabiliser les communications au cœur de la réserve. L’objectif est simple : dissuader le braconnage et assurer une présence continue.
Des pièges photographiques pour suivre le retour de la faune
Depuis trois ans, Togodo se surveille aussi avec des yeux discrets. Des pièges photographiques ont été disséminés dans la réserve. Ils documentent le retour progressif des grands mammifères et permettent de cartographier les zones et périodes où chaque espèce est observable.
Au-delà des animaux, Togodo conserve une richesse végétale importante. On y trouve plusieurs essences, dont des plantes médicinales que les populations riveraines utilisent encore dans la médecine traditionnelle.
Pour le Commandant Mawunya Gbemou, conservateur de l’écosystème, cette démarche de recherche-action est stratégique.
> « Elle vise à fournir aux autorités une base de données utile à la gestion et à la valorisation des aires protégées ».
Vers un site écotouristique pour les communautés
La restauration ne s’arrête pas à la conservation. À terme, le complexe de Togodo pourrait être ouvert à l’écotourisme. L’idée est de transformer la réserve en une destination capable de générer des retombées économiques directes pour les communautés locales et pour le pays.
Un pari cohérent avec la politique nationale. Le Togo compte aujourd’hui 80 aires protégées qui couvrent environ 14 % du territoire national. De Fazao-Malfakassa à Abdoulaye, en passant par Togodo, ces sites constituent le poumon vert du pays et un levier potentiel pour un tourisme durable.
Avec Togodo, le Togo teste un modèle : réhabiliter, sécuriser, étudier, puis valoriser. Entre protection de la biodiversité et développement local, la réserve de la région Maritime veut prouver qu’il est possible de faire cohabiter nature et opportunités économiques.

