La loi existe depuis 2011. Mais le plastique, lui, continue d’envahir les sols, les caniveaux, les lagunes et le littoral togolais. Le constat est sans appel : le cadre législatif doit être renforcé.
C’est tout l’enjeu du séminaire parlementaire de haut niveau qui s’est ouvert ce vendredi 2 octobre 2026 à Lomé, à l’initiative de l’Assemblée nationale avec l’appui de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).
Pendant deux jours, députés, sénateurs, maires, experts environnementaux, ONG et société civile planchent sur un objectif : doter le Togo d’un corpus législatif adapté à la nouvelle réalité de la pollution plastique.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Président de l’Assemblée nationale, Son Excellence Professeur Komi Sélom Klassou.
500 millions de tonnes : l’alerte mondiale
Le chiffre qui fait froid dans le dos a été rappelé par Bakary Junior Bamba, représentant de l’OIF au Togo : « En 2024, plus de 500 millions de tonnes de plastique ont été consommées dans le monde, dont près de 400 millions de tonnes destinées à devenir rapidement des déchets. Sans action urgente, les déchets plastiques pourraient presque tripler d’ici 2060. »
« La lutte ne relève pas seulement de la gestion des déchets : elle implique la production et la consommation, la responsabilité des producteurs, les collectivités et les citoyens, ainsi que le rôle de la loi », a-t-il insisté.
Un constat partagé par N’Ladon Nadjo, président de la commission de l’environnement et des changements climatiques à l’Assemblée nationale : le législateur doit être mieux outillé.
« Ces deux journées nous offrent l’occasion de confronter les expériences, d’identifier les obstacles et de dégager des pistes concrètes : réduire les déchets à la source, améliorer leur collecte, encourager leur valorisation et accompagner les changements de pratiques », a-t-il déclaré.
Le Togo, élève modèle de la Francophonie
Pour l’APF, le choix de Lomé n’est pas un hasard. Amélia Lakrafi, Secrétaire générale parlementaire de l’APF, l’a souligné : le Togo est souvent cité en exemple pour son appropriation des corpus législatifs de la Francophonie. Le pays a été le premier à adopter, en 2025, une loi sur le climat inspirée de ces corpus.
Dans son discours d’ouverture, le Pr Klassou a salué ce partenariat et a défini la chaîne de responsabilité :
« En vue de juguler ce fléau qu’est la pollution plastique, les représentants du peuple et ceux des territoires, les pouvoirs publics et les organisations de la société civile doivent travailler de concert. Car lorsque l’État oriente, il revient au Parlement, dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelles, d’établir la cohérence, la permanence et l’autorité de la loi. Dans cette chaîne, les collectivités territoriales, quant à elles, organisent, les entreprises innovent et les citoyens agissent. »
Vers une loi plus mordante
Pendant 48 heures, les participants seront outillés sur les données scientifiques de la pollution plastique, le calendrier du futur Traité mondial sur la pollution plastique porté par le PNUE, et les impacts régionaux.
Au menu également : les expériences de terrain à Lomé et dans les régions, les projets de soutien existants et surtout, le bilan sans concession de l’application du décret de 2011.
L’objectif à l’issue du séminaire est clair : formuler des recommandations fortes pour renforcer le cadre législatif togolais, passer de la simple interdiction à une politique publique intégrée de réduction à la source, de collecte, de valorisation et de responsabilité élargie du producteur.
Le Togo veut passer du statut de pays pionnier en 2011 à celui de modèle en 2026 pour le #TogoZéroPollutionPlastique.
La rédaction

