Le Togo se trouve à la croisée des chemins. Alors que le pays s’engage dans un partenariat ambitieux avec le Millennium Challenge Corporation (MCC), un dilemme crucial se pose : privilégier l’équité sociale au détriment d’un développement économique rapide, ou inversement ?
Le MCC, organisme américain d’aide au développement, propose un financement conséquent au Togo. Cependant, ce financement est assorti de conditions strictes, notamment en matière d’éligibilité et de priorisation des projets. Le programme d’électrification, par exemple, excluait la région des Savanes, une zone déjà marginalisée et confrontée à des défis sécuritaires importants.
Face à cette situation, le gouvernement togolais a pris une décision audacieuse : prioriser l’équité sociale, même au prix d’un report temporaire de certains financements. Cette décision, saluée par certains comme un acte de courage et de responsabilité, suscite également des inquiétudes.
En effet, le report des financements du MCC pourrait avoir des conséquences négatives sur le développement économique du Togo. La région des Savanes, déjà en proie à la pauvreté et à l’insécurité, pourrait être encore plus marginalisée.
Ce dilemme soulève des questions fondamentales sur le rôle de l’aide au développement. Faut-il privilégier un développement économique rapide, même au risque d’aggraver les inégalités sociales ? Ou faut-il prioriser l’équité sociale, même si cela implique un développement plus lent ?
Le Togo, en choisissant de prioriser l’équité sociale, a fait un choix courageux. Il reste à voir si cette décision permettra de créer un développement durable et inclusif, ou si elle conduira à un report du progrès économique.
Ce dilemme togolais est un exemple de la complexité des défis auxquels sont confrontés les pays en développement. Il nous rappelle que le développement économique et l’équité sociale sont deux objectifs importants, mais souvent difficiles à concilier.
Estimant que ce schéma risquait de creuser les disparités régionales et de fragiliser la cohésion nationale, le gouvernement togolais, en toute souveraineté a demandé une suspension temporaire du processus d’éligibilité au programme Compact pour une période de trois à six mois, le temps de clarifier les points de divergence.
Nous y reviendrons !

