À l’issue de sa 23ᵉ assemblée générale, tenue à Lomé, l’Association des régulateurs des télécommunications de l’Afrique de l’Ouest a porté le Togo à sa présidence. Michel Yaovi Galley, directeur général de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, a été élu pour un mandat d’un an. Il succède ainsi à la Guinée-Bissau à la tête de l’instance sous-régionale.
Cette présidence intervient dans une séquence marquée par l’accélération de la transformation numérique en Afrique de l’Ouest. Déploiement de la 5G, extension de la fibre optique, essor des services financiers mobiles, cybersécurité, protection des données : les chantiers de régulation se multiplient et gagnent en complexité. Dans ce contexte, le Togo a défini deux priorités pour son mandat. D’une part, renforcer la coopération opérationnelle entre autorités nationales de régulation. D’autre part, œuvrer à l’harmonisation des cadres juridiques, techniques et tarifaires, afin de réduire la fragmentation du marché et de faciliter l’interopérabilité des réseaux et des services.
L’élection de Michel Yaovi Galley consacre le chemin parcouru par l’ARCEP ces dernières années. Portabilité des numéros, encadrement de la qualité de service, sanctions dissuasives contre les manquements des opérateurs, ouverture à la concurrence sur le segment de la data : les réformes conduites à Lomé ont contribué à assainir le marché et à protéger le consommateur. Ce savoir-faire confère désormais au Togo une légitimité pour animer le dialogue régional et partager les bonnes pratiques.
Créée en 2002, l’Association des régulateurs des télécommunications de l’Afrique de l’Ouest réunit les autorités de régulation des 15 États membres de la CEDEAO ainsi que la Mauritanie. Sa mission est double. Promouvoir un marché des communications électroniques plus intégré, au bénéfice des usagers et des économies nationales. Et renforcer la voix de l’Afrique de l’Ouest dans les enceintes internationales de gouvernance du numérique.
En prenant la présidence de l’organisation, le Togo assume une responsabilité stratégique. Celle de faire converger les réglementations, d’anticiper les ruptures technologiques et de défendre une vision africaine de la souveraineté numérique. L’objectif ultime demeure inchangé : garantir aux populations un accès à des services de qualité, à des coûts abordables, dans un environnement sécurisé et concurrentiel.
Durant les douze prochains mois, Lomé sera ainsi l’épicentre de la réflexion réglementaire ouest-africaine, avec l’ambition de transformer la régulation en accélérateur d’inclusion, d’innovation et d’intégration régionale.

