Pendant deux jours, la capitale burkinabè est devenue le carrefour de la réflexion numérique ouest-africaine. Pour sa 4ᵉ édition, le Salon International des Professionnels de l’Économie Numérique de l’UEMOA, SIPEN-UEMOA a réuni à Ouagadougou régulateurs, banquiers, FinTech, experts de l’IA et acteurs de la cybersécurité autour d’un fil rouge : « Refonder l’économie numérique au sein de l’UEMOA : IA, FinTech et finance inclusive ». Le Togo y était représenté par l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel, IPDCP. Une présence remarquée, à la fois technique et diplomatique.
A cœur du débat : la confiance comme socle de la finance numérique
Invitée à un panel de haut niveau sur la gouvernance, la confiance numérique et la souveraineté financière, l’IPDCP a porté un message précis. Sans confiance dans la donnée, pas de finance inclusive. Sans cadre, pas de souveraineté.
M. BIALABNA Abaloutou, Chef Service Conformité, a pris la parole au nom de l’Instance. À ses côtés : des experts internationaux, des responsables d’institutions régionales, des régulateurs et des opérateurs du numérique et de la finance.
Son intervention a replacé la protection des données à caractère personnel au centre de la transformation. Car les services financiers numériques, du mobile money au crédit en ligne, reposent entièrement sur la collecte et le traitement massif d’informations personnelles.
Pour gagner et conserver la confiance des utilisateurs, trois leviers ont été soulignés. D’abord, une gouvernance responsable des données au sein des entreprises et des institutions. Ensuite, une mise en conformité rigoureuse des acteurs du numérique, pour que la loi ne reste pas lettre morte. Enfin, une coopération régionale renforcée entre autorités de protection, pour harmoniser les règles et répondre ensemble aux risques transfrontaliers.
« _L’économie numérique ne peut pas se bâtir sur la méfiance. La protection des données n’est pas un frein à l’innovation, elle en est la condition_ », a insisté le représentant de l’IPDCP.
Au-delà du panel : consolider un réseau de régulateurs
Le SIPEN a aussi été l’occasion de resserrer les liens institutionnels. En marge des travaux, la délégation de l’IPDCP, mandatée par son Président, le Colonel BELEI Bédiani, a rencontré Mme Dr Halguièta NASSA/TRAWINA, Présidente de la Commission de l’Informatique et des Libertés du Burkina Faso, CIL.
Un présent institutionnel a été remis à son homologue burkinabè. Un geste simple, mais porteur de sens. Il réaffirme la volonté commune de travailler ensemble, dans un esprit de fraternité et de partenariat, pour que la protection des données devienne une réalité partagée dans l’espace UEMOA.
Ces échanges ont permis d’identifier des pistes concrètes : partage d’expériences, formations croisées, alignement des pratiques de contrôle. L’objectif est de parler d’une seule voix face aux géants du numérique et aux défis de la cybersécurité.
Cap sur niamey 2027 : poursuivre la refondation
En clôturant cette 4ᵉ édition, les organisateurs ont donné rendez-vous à l’écosystème régional pour *2027 à Niamey, au Niger. La 5ᵉ édition du SIPEN-UEMOA devra prolonger les réflexions entamées à Ouagadougou et les traduire en actions.
Pour l’IPDCP, la participation à ce salon s’inscrit dans une trajectoire claire. Contribuer à faire de l’UEMOA un espace numérique intégré, où l’innovation s’appuie sur des règles claires, où la finance inclusive va de pair avec la protection des citoyens, et où la souveraineté des données n’est pas un slogan mais une pratique.
À Ouagadougou, l’Instance a rappelé une évidence : l’avenir numérique de l’Union se jouera sur notre capacité collective à concilier performance économique, éthique des données et confiance des populations.

