Sous l’impulsion du Haut Collège pour le développement de la préfecture de Mô (HCDP-Mô), une délégation de journalistes a exploré dimanche la cascade de Souroukou, joyau naturel niché au cœur du village éponyme. Une initiative inédite pour promouvoir ce site encore méconnu, mais riche de potentialités écologiques et touristiques.
Les visiteurs ont arpenté les sentiers escarpés menant à la cascade, où le rugissement des eaux et la verdure luxuriante ont suscité admiration. « C’est une symphonie de la nature », s’est exclamé Dodji Kétohou Journaliste à vision d’Afrique, captivé par les montagnes environnantes et la diversité des espèces végétales. Pour Joseph Ahodo de Newsoftogo, cette expérience « transcende l’inspiration artistique : c’est un appel à préserver ces merveilles ».
Initié il y a quelques années par le Haut Collège pour le Développement de la Préfecture de Mô, ces visites touristiques ont pour objectif d’attirer l’attention nationale et internationale sur Souroukou, afin de stimuler un tourisme responsable et de soutenir les communautés locales. « Nous voulons positionner Mô comme une destination phare, sans sacrifier son authenticité », a expliqué le guide, évoquant des projets d’éco-lodges et de circuits pédagogiques.
Située au sein du village de Souroukou (environ 80 Km de la ville de Bassar)– dont le nom, issu de la langue tem, signifie « se rassembler » –, la cascade éponyme, selon les récits historiques, fut découverte aux alentours de l’an 1700 par le clan Baro résidant en ces lieux. Son histoire s’enracine dans la période coloniale, marquée par les conflits opposant les autochtones aux colons. Sise dans les montagnes de Tassi, localité du canton de Boulohou au même titre que Souroukou, elle prend sa source à la confluence de deux cours d’eau qui s’unissent pour former ce spectacle aquatique. De nature saisonnière, son écoulement ne se manifeste qu’entre les mois de juin et décembre, conférant à ce site une dimension éphémère et cyclique.
Au-delà de la majestueuse cascade de Souroukou, le village éponyme abrite d’autres emblèmes marquants de la résistance anticoloniale, notamment des vestiges historiques et des lieux d’intérêt remarquables. Parmi ceux-ci figurent la sépulture de KLOUN, illustre guerrier tombé lors de la bataille de Souroukou, une muraille défensive s’étendant sur plus de cent mètres, ainsi qu’une source d’eau mystique aménagée par ce héros pour approvisionner les combattants. Culminant à 190 mètres, la cascade de Souroukou se classe parmi les plus impressionnantes d’Afrique de l’Ouest, représentant à la fois un attrait touristique exceptionnel et un levier de développement économique pour la préfecture de Mô. S’aventurer sur ce site, c’est s’immerger dans un chef-d’œuvre naturel où l’histoire et la géographie dialoguent avec puissance, offrant aux visiteurs une expérience autant culturelle que sensorielle.
Cette journée marque un premier pas vers la valorisation d’un patrimoine qui pourrait devenir le moteur économique de la région. Reste à concilier préservation et développement, un défi que le HCDP-Mô compte relever avec les acteurs locaux. Une certitude : Souroukou a désormais des ambassadeurs de choix pour porter sa voix.
Prudence Afanou de retour de SOUROUKOU

