C’est à CASEF, le 20 avril 2026, que le gouvernement togolais a donné le coup d’envoi des travaux d’élaboration du Cadre budgétaire à moyen terme couvrant la période 2027-2029. La séance, qui a rassemblé des cadres de plusieurs départements ministériels, d’institutions publiques et de structures nationales, traduit la volonté des autorités d’ancrer la programmation budgétaire dans une démarche collégiale, tournée vers la performance et la lisibilité des choix publics.
Représentant le ministre des Finances et du Budget, Mme Akou Mawussé Adetou Afidenyigba, directrice de cabinet, a procédé à l’ouverture des travaux. Elle a rappelé la fonction cardinale du CBMT dans l’architecture des finances publiques. Instrument de pilotage pluriannuel, il permet de projeter sur trois exercices l’évolution conjointe des recettes, des dépenses, du solde budgétaire et de la dette, en garantissant l’adéquation entre les ambitions des politiques sectorielles et la contrainte des ressources mobilisables. Loin d’être un exercice comptable, le CBMT est ainsi conçu comme le lieu où se nouent la discipline macroéconomique et la cohérence stratégique de l’action de l’État.
L’élaboration de cette nouvelle trajectoire intervient dans un environnement international particulièrement exigeant. Les tensions géopolitiques persistent, l’aide publique au développement se contracte et les chocs climatiques gagnent en fréquence et en intensité, réduisant les marges de manœuvre de nombreux pays. Dans ce contexte, le Togo revendique néanmoins une trajectoire économique robuste au terme de l’année 2025. La croissance s’est établie à 6,2 %, l’inflation a été contenue à 0,4 % et le déficit budgétaire ramené à 3,2 % du produit intérieur brut. Ces résultats témoignent d’une consolidation des équilibres, mais la vigilance demeure de mise. Le ratio d’endettement public, évalué à 62,6 % du PIB, reste élevé et continue de comprimer l’espace budgétaire disponible pour les interventions nouvelles.
Conscient de cette équation, l’exécutif entend resserrer la gouvernance des finances publiques autour de quatre lignes de force. Accroître la mobilisation des recettes intérieures par l’élargissement de l’assiette et l’amélioration du civisme fiscal. Renforcer la maîtrise et la qualité de la dépense, en privilégiant l’efficience et la soutenabilité. Préserver la viabilité de la dette par une gestion active des risques et un arbitrage rigoureux des emprunts. Enfin, sanctuariser les investissements structurants capables de démultiplier la croissance et de transformer durablement les conditions de production, notamment dans l’énergie, les infrastructures, le numérique et l’agriculture.
Dans cette perspective, le CBMT 2027-2029 est appelé à jouer un rôle pivot. Il doit fournir le cadre de référence qui aligne les programmations sectorielles sur une trajectoire macro-budgétaire crédible, assure la prévisibilité pour les partenaires techniques et financiers, et renforce la transparence vis-à-vis des citoyens. En instituant une discipline à moyen terme, le gouvernement cherche à prémunir l’économie contre les à-coups, à consolider la confiance des investisseurs et à garantir que chaque franc engagé contribue effectivement aux objectifs de développement. L’exercice lancé à CASEF marque ainsi une étape supplémentaire vers une gestion publique plus rigoureuse, plus inclusive et résolument orientée vers les résultats.

