On parle souvent de tracteurs, de terres aménagées, de barrages et de périmètres irrigués. Ce que l’on voit moins, ce sont ceux qui travaillent en silence, dans le sillon. Les engrais, les semences, les plants. Les carburants discrets de la productivité.
Entre 2020 et 2025, période d’exécution de la Feuille de route gouvernementale, l’État a mis les moyens sur ce maillon invisible mais décisif. Bilan : 631 000 tonnes d’engrais subventionnés* distribuées, plus de 18 000 tonnes de semences certifiées mobilisées et plusieurs millions de plants et boutures* fournis aux producteurs.
L’objectif n’a pas changé : donner à la population agricole les moyens de produire plus, mieux, et de sécuriser l’approvisionnement alimentaire du pays.
La terre ne suffit pas : l’intrant comme premier levier
Une terre fertile est une condition, pas une garantie. Le rendement se joue après, dans ce que l’on apporte au sol et dans la qualité de ce que l’on met en terre.
C’est tout le sens de la stratégie intrants. Trois leviers complémentaires :
– L’engrais, qui nourrit la plante et maintient la fertilité des sols. Utilisé de façon raisonnée, adapté aux besoins des sols et des cultures, il améliore directement la croissance et les rendements.
– La semence certifiée, qui est le premier pari sur la récolte. Elle réduit le risque lié aux semences de qualité incertaine et ouvre l’accès à des variétés plus adaptées aux conditions locales et aux objectifs de production.
Les plants et les boutures, indispensables pour installer de nouvelles parcelles, renouveler les vergers et développer les filières pérennes comme le café, le cacao, l’anacarde ou le palmier.
La subvention : le mot qui change tout
Le chiffre le plus important n’est peut-être pas 631 000 tonnes, mais le mot qui l’accompagne : subvention.
Sur le marché international, le prix des engrais a flambé ces dernières années. Pour un petit exploitant, le coût de l’intrant représente une charge qui peut le contraindre à sous-doser, voire à renoncer. En prenant en charge une partie du prix, l’État lève une barrière financière concrète.
Résultat : l’exploitant peut utiliser la quantité nécessaire, au bon moment, et espérer une récolte à la hauteur de son effort.
Même logique pour les semences. En sécurisant l’accès à du matériel végétal certifié, le pays réduit les pertes à la levée, améliore l’homogénéité des parcelles et augmente le potentiel de rendement dès le départ.
Au-delà du champ, toute une chaîne qui travaille
Au Togo, l’agriculture reste le premier employeur. Soutenir les intrants, ce n’est donc pas seulement aider un producteur. C’est faire tourner toute une économie.
Quand la production augmente, elle fait travailler les fournisseurs d’intrants, les prestataires de labour, les transporteurs, les collecteurs, les commerçants, les transformateurs et les distributeurs. C’est un investissement dont les bénéficiaires se trouvent à plusieurs niveaux.
Au terme du quinquennat 2020-2025, la politique d’appui aux intrants apparaît ainsi pour ce qu’elle est : moins spectaculaire qu’un tracteur, moins visible qu’un barrage, mais tout aussi structurante. Une politique de fond, qui agit là où tout commence : sous la terre, dans la graine, et dans les mains de celui qui cultive.

