La ferveur ne retombe pas. En plein cœur du pays kabyè, les Evala 2026 poursuivent leur chemin. Ce lundi, chaque village, chaque arène, chaque marché a vibré au rythme d’une tradition millénaire qui structure encore aujourd’hui la jeunesse togolaise.
À cette étape, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé a tenu à être présent. Fidèle à sa vision de valorisation du patrimoine culturel, il a parcouru plusieurs sites pour communier avec les communautés et encourager les initiés.
A tchitchao, la finale qui a tenu toutes ses promesses
Cap sur Tchitchao en fin de journée. L’arène était pleine à craquer. Familles, notables, jeunes venus d’autres cantons : tous voulaient assister à la grande finale entre les coalitions Bou-Fatou et Kigbèling-Hazé-Lohou.
Pendant de longues minutes, les lutteurs se sont affrontés avec maîtrise. Pas de violence gratuite. De la technique, de l’endurance, du mental. Chaque projection, chaque esquive a été accueillie par des chants et des battements de mains.
Présent aux côtés des autorités locales, le Président du Conseil a salué la discipline des jeunes et le travail des encadreurs. « _Ici, on n’élève pas seulement des lutteurs. On forme des hommes_ », a-t-on pu entendre dans les gradins.
A pya, le temps des préliminaires et de la transmission
Plus tôt, la journée avait commencé à Pya. Terre de référence des Evala, le canton a accueilli deux oppositions très suivies.
D’abord, le duel entre les initiés d’Akéi et ceux de Lao. Ensuite, celui opposant Gnama à Kioudè Les arènes, rudimentaires mais chargées d’histoire, étaient noires de monde. Mères, pères, grands-parents : toute la communauté s’est mobilisée pour porter les couleurs de son village.
Derrière chaque combat, il y a des semaines de préparation. Retraite, privations, enseignements des anciens. Les Evala rappellent qu’avant la force, il faut la patience et le respect.
Entre tcharè et pya-hodo, la danse dit ce que les mots ne disent pas
Les Evala ne se résument pas aux empoignades. Sur les marchés de Tcharè puis de Pya-Hodo les initiés ont offert leurs danses rituelles.
Torse nu, enduit de talc, la tête coiffée de casquettes décorées de plumes d’oiseaux, ils ont avancé au rythme des tam-tams et des chants. Gestes lents, regards droits. Chaque mouvement est codé. Il parle de bravoure, de fidélité, de passage.
En présence du Président du Conseil, ces tableaux ont pris une portée particulière. Ils ont montré que la culture kabyè est vivante, qu’elle se transmet de corps à corps, de génération en génération.
Au-delà de l’arène : une leçon pour la nation
Que retenir de cette journée du 13 juillet ? Que les Evala sont une école complète.
On y apprend la rigueur. On y apprend à perdre avec dignité et à gagner avec humilité. On y apprend le respect des aînés, l’amour du terroir et la solidarité entre frères d’armes.
En se joignant aux populations, le Président du Conseil Faure Gnassingbé a rappelé que la culture n’est pas un folklore. C’est un socle. Un outil de cohésion et de développement. Préserver les Evala, c’est donner aux jeunes togolais des racines pour mieux s’élancer.
La fête continue dans les prochains jours, de canton en canton. Les corps se reposeront, mais l’esprit des Evala, lui, ne prendra pas de repos.

