La question des limites administratives entre collectivités territoriales entre dans sa phase opérationnelle. Le Comité chargé d’étudier les problèmes de délimitation entre les communes a ouvert sa première session de travail, jeudi 28 mai 2026 au ministère de l’Administration Territoriale, de la Gouvernance Locale et des Affaires Coutumières.
La séance d’ouverture a été conduite par le ministre du MATGLAC, le Colonel Awaté Hodabalo. La session est présidée par le Directeur de cabinet du ministère et président du Comité, M. Robert Baoubadi Bakaï. Elle marque le démarrage effectif de l’instance créée par décision N°0002/MATGLAC/CAB du 6 janvier 2026.
La mise en place du Comité répond à une réalité de terrain devenue pressante depuis la communalisation intégrale du pays. La multiplication des communes a fait émerger de nombreux différends liés aux limites administratives. Ces contentieux portent sur les questions foncières, les empiètements territoriaux, le recouvrement des taxes locales et la répartition des ressources communautaires.
« Les communes sont composées de cantons, mais les limites ne sont pas toujours matérialisées sur le terrain. Cette absence de repères visibles génère des conflits qu’il convient d’anticiper et de traiter avec méthode », a souligné M. Robert Baoubadi Bakaï.
La mission principale du Comité consiste à apporter des réponses techniques et objectives aux différends de délimitation entre communes. L’instance est également habilitée à se prononcer sur les litiges concernant les cantons, les préfectures et les régions, lorsque les contours administratifs font l’objet de contestation.
En ouvrant les travaux, le Colonel Awaté Hodabalo a rappelé le caractère délicat et sensible de la mission confiée aux membres du Comité. Il a relevé que les textes portant création des unités administratives ne précisent pas toujours avec exactitude les coordonnées géographiques et les limites des territoires. Ce flou alimente aujourd’hui plusieurs contestations locales.
« Le gouvernement doit pouvoir arbitrer sur des bases techniques solides et vérifiables. C’est tout le sens de la mise en place de cette commission », a affirmé le ministre.
Il a invité les membres à faire preuve de rigueur, d’objectivité et de professionnalisme dans l’examen des dossiers. L’objectif est de proposer au gouvernement des solutions fiables, durables et acceptables par les populations concernées.
Le ministre a également mis en relief l’enjeu de sécurité lié à la gestion des conflits locaux. « La menace terroriste et l’extrémisme violent doivent être pris avec sérieux, car ces groupes exploitent souvent les petits conflits pour s’infiltrer dans les communautés », a-t-il prévenu.
Les travaux, prévus du 28 au 30 mai 2026 au cabinet du MATGLAC, s’organisent autour de présentations techniques, de restitutions des groupes de travail et de séances d’échanges. Les membres du Comité examineront et valideront le budget de fonctionnement, le plan d’action et la méthodologie de travail.
Un point sera fait sur les outils juridiques, cartographiques et documentaires indispensables à la conduite de la mission. L’ambition est de doter le Comité d’une feuille de route opérationnelle claire pour encadrer les prochaines étapes sur le terrain.
À terme, les conclusions de cette instance doivent permettre de sécuriser les limites administratives, de réduire les tensions communautaires et de renforcer la gouvernance locale dans un contexte où la stabilité des territoires est un facteur clé de développement et de sécurité.

