Deux caisses, deux guichets, deux files d’attente, deux dossiers. Pour un agent public togolais, partir à la retraite ou se faire soigner relevait souvent du parcours du combattant. Ce vendredi 6 novembre 2026, sous la présidence de Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, le gouvernement a décidé d’y mettre fin : la Caisse de retraites du Togo (CRT) et l’Institut national d’assurance maladie (INAM) vont fusionner pour devenir l’Institut national de sécurité sociale (INSS).
C’est la décision la plus concrète du Conseil des ministres de ce vendredi. Un projet de loi, un décret adopté, deux textes examinés, trois communications écoutées. Mais c’est bien cette réforme sociale qui va changer la vie quotidienne de centaines de milliers de Togolais.
Pourquoi fusionner ?
Aujourd’hui, la protection sociale des agents publics et assimilés est éclatée en deux organismes :
-La CRT, qui gère les pensions de retraite.
– L’INAM, qui gère l’assurance maladie.
Résultat, selon le Conseil : multiplication des démarches pour les bénéficiaires, dédoublement des structures et des charges de gestion, disparités dans la qualité des services.
Un retraité devait courir d’un guichet à l’autre. Un agent en activité devait constituer deux dossiers. Une veuve, un ayant droit, devait se battre avec deux administrations pour faire valoir ses droits.
Le gouvernement veut rompre avec cette logique.
L’INSS : un guichet unique
Le nouvel organisme, l’Institut national de sécurité sociale (INSS), sera chargé d’assurer à la fois la gestion des régimes de retraite et d’assurance maladie des agents publics et assimilés ainsi que de leurs ayants droit.
Concrètement, cela veut dire :
1. Un seul guichet pour les assurés. Un seul lieu, un seul dossier, un seul interlocuteur pour la retraite et la santé.
2. Des ressources mutualisées. Moins de charges de fonctionnement en double, plus de moyens pour améliorer les services.
3. Une meilleure qualité de service pour les agents publics civils et militaires en activité, les retraités et leurs ayants droit.
Le gouvernement l’assume : l’objectif est de bâtir « un système de protection sociale plus intégré, équitable et durable, garantissant une meilleure prise en charge des agents publics et de leurs familles tout au long de leur parcours professionnel et après leur départ à la retraite. »
Une réforme de fond, pas de façade
Derrière la fusion administrative, il y a un enjeu plus profond : la pérennité du système.
En regroupant retraite et maladie, l’État espère mieux piloter les équilibres financiers, éviter les gaspillages, et sécuriser les pensions de demain et les remboursements d’aujourd’hui.
C’est aussi une question d’équité. Aujourd’hui, selon les situations, la qualité de la prise en charge varie. Demain, avec un organisme unique, les règles seront les mêmes pour tous.
Et les autres décisions du Conseil ?
Le Conseil ne s’est pas arrêté à l’INSS. Il a aussi :
– Examiné le nouveau Code foncier et domanial : création d’un Observatoire national du foncier, numérisation, sécurisation des droits coutumiers et ruraux, égalité femmes-hommes dans l’accès à la terre, protection des terres agricoles, lutte contre la spéculation.
– Adopté le décret sur les entreprises publiques : contrats de performance systématisés, contrôle renforcé, transparence dans la gestion.
– Examiné la lutte contre les mines illicites : création d’une commission nationale contre l’orpaillage clandestin.
– *Écouté le bilan du séminaire des gouverneurs et préfets de Blitta*, la politique postale 2026-2029, et le nouveau cadre de gestion des investissements publics.
Mais pour les fonctionnaires, les militaires, les retraités, c’est bien l’INSS qui retiendra l’attention. Parce que la protection sociale, ce n’est pas une abstraction. C’est ce qui permet de se soigner sans s’endetter, et de vieillir sans avoir peur du lendemain.
Avec l’INSS, le Togo fait le pari de la simplicité au service de la dignité.

