Le 21 avril 2026, à Abidjan, la coopération entre les institutions d’arbitrage d’Afrique de l’Ouest a connu une inflexion décisive. La Cour d’arbitrage du Togo et la Cour d’arbitrage de Côte d’Ivoire ont paraphé un partenariat structurant, conçu pour consolider les dispositifs de règlement des différends commerciaux et accompagner la montée en puissance des échanges dans la sous-région.
Conclue sous les auspices de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire et de son homologue togolaise, cette convention participe d’un mouvement plus large d’intégration économique et de modernisation du climat des affaires. La signature s’est déroulée en présence des présidents des deux institutions consulaires, Touré Faman pour la Côte d’Ivoire et Dr José Kwassi Symenouh pour le Togo, témoignant du caractère politique et technique de l’engagement.
Par cet accord, la Cour d’arbitrage du Togo, service connexe de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, réaffirme son rôle pivot dans la sécurisation des transactions. Dédiée aux modes alternatifs de règlement des litiges, arbitrage, médiation et conciliation, elle propose aux opérateurs économiques des procédures plus céléres, confidentielles et en phase avec les contraintes opérationnelles du commerce, là où les voies judiciaires classiques peinent parfois à répondre aux impératifs de temps et de spécialité.
L’intensification des flux commerciaux et la sophistication croissante des relations contractuelles appellent des réponses juridiques à la hauteur. Les deux cours entendent y pourvoir par une collaboration renforcée, articulée autour du partage de doctrine, de la formation des praticiens et d’une pédagogie active auprès des entreprises. L’objectif est double. Élever la qualité des prestations offertes et aligner progressivement les pratiques nationales sur les standards internationaux qui fondent la confiance des investisseurs.
Pour la partie togolaise, la démarche traduit une volonté explicite de bâtir un environnement juridique prévisible et attractif. En garantissant un règlement efficace et maîtrisé des différends, la Cour d’arbitrage du Togo participe à l’instauration d’un climat de confiance entre partenaires, condition première de la décision d’investir et de la durabilité des relations d’affaires.
Au-delà de sa portée institutionnelle, la convention adresse un signal clair aux marchés. Elle renforce la crédibilité des mécanismes de règlement des litiges dans les deux juridictions et manifeste une ambition partagée. Faire de la justice commerciale un instrument de compétitivité, et de l’arbitrage un levier de développement économique et d’intégration régionale. Dans une Afrique de l’Ouest qui cherche à densifier ses chaînes de valeur, disposer d’instances arbitrales robustes, dialoguant entre elles et parlant le langage des affaires, devient un avantage comparatif.

